Sénégal: Diplomatie énergétique - Le GTA en accélération

Le Sénégal et la Mauritanie accélèrent la coordination autour du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). En mission à Nouakchott, comme envoyé spécial du président Bassirou Diomaye Faye, le ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, El Hadji Abdourahmane Diouf, a passé en revue avec les autorités mauritaniennes les principaux dossiers en suspens.

Objectif : sécuriser le calendrier du projet, finaliser les discussions avec BP et lever les obstacles fiscaux et douaniers qui conditionnent la pleine exploitation du gisement.

Le gaz reste au coeur de l'agenda diplomatique entre Dakar et Nouakchott. Reçu jeudi dernier par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le ministre sénégalais de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, El Hadji Abdourahmane Diouf, portait un message du chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye. Cette mission de haut niveau illustre la volonté des deux pays d'accélérer la mise en oeuvre du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), considéré comme l'un des piliers de leur stratégie énergétique commune.

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Développé sur un gisement offshore situé à la frontière maritime des deux États, GTA constitue l'un des plus importants projets gaziers d'Afrique de l'Ouest. Exploité par le groupe britannique BP, en partenariat avec Petrosen et la Société mauritanienne des hydrocarbures (SMHPM), il doit permettre au Sénégal et à la Mauritanie de consolider leur position parmi les nouveaux exportateurs de gaz naturel liquéfié (GNL).

Des arbitrages décisifs 

Au-delà de l'échange protocolaire, les discussions ont porté sur les principaux dossiers qui conditionnent la montée en puissance du projet. Les deux délégations ont notamment examiné l'état des négociations avec BP concernant les volumes de GNL destinés aux marchés domestiques, un enjeu stratégique pour la sécurité énergétique des deux pays et pour leur politique d'industrialisation.

Les travaux ont également permis de faire le point sur les questions fiscales et douanières encore en suspens. Ces aspects, souvent perçus comme techniques, sont pourtant déterminants pour la rentabilité du projet, la répartition des recettes entre les deux États et la fluidité des opérations logistiques. Leur règlement apparaît désormais comme une étape indispensable pour sécuriser les investissements et respecter le calendrier de développement du champ gazier.

Une coopération économique à consolider 

À l'issue de la rencontre, El Hadji Abdourahmane Diouf s'est félicité de la qualité des échanges, soulignant qu'ils ont permis d'identifier les actions prioritaires afin d'accélérer le traitement des dossiers en attente. Si des divergences techniques subsistent, les deux parties affichent une volonté commune de les résoudre rapidement.

Au-delà de GTA, cette concertation traduit le renforcement du partenariat énergétique entre Dakar et Nouakchott. Les deux pays cherchent à bâtir un modèle de coopération fondé sur une gestion concertée des ressources naturelles, la stabilité réglementaire et le partage équilibré des bénéfices.

Les autorités sénégalaises et mauritaniennes réaffirment également leur ambition de maximiser les retombées économiques et sociales du projet. Cela suppose non seulement une exploitation optimale du gisement, mais aussi la mise en place de mécanismes de gouvernance, de transparence et de redistribution capables de transformer la rente gazière en levier de développement.

Le temps des décisions. Les prochaines semaines seront déterminantes. Les conclusions de cette réunion devront désormais se traduire par des avancées concrètes, notamment dans les discussions avec BP et dans la finalisation des dispositifs fiscaux et douaniers. Pour Dakar comme pour Nouakchott, l'enjeu dépasse le seul projet Grand Tortue Ahmeyim. Il s'agit de démontrer que la coopération énergétique transfrontalière peut devenir un moteur de croissance, d'intégration régionale et de souveraineté économique pour les deux pays.

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