L'Afrique subsaharienne représentait 86 % du déficit mondial d'accès à l'électricité en 2024, avec 563 millions de personnes vivant encore sans électricité, selon le rapport « Tracking SDG7 : The Energy Progress Report 2026 ».
Ce rapport, publié par l'Agence internationale de l'énergie, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables et la Banque mondiale, indique que 655 millions de personnes dans le monde n'avaient pas accès à l'électricité en 2024. La plupart d'entre elles se trouvaient en Afrique subsaharienne.
Le nombre de raccordements à l'électricité augmente dans la région, mais à un rythme à peine supérieur à celui de la croissance démographique. Entre 2022 et 2024, l'Afrique subsaharienne a enregistré en moyenne 42 millions de nouveaux raccordements à l'électricité par an, tandis que sa population augmentait d'environ 38 millions de personnes par an. Cela n'a permis de réduire le nombre de personnes privées d'électricité que d'environ 4 millions par an.
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La part de la région dans le déficit mondial d'accès à l'électricité est passée de 49 % en 2010 à 86 % en 2024. Au cours de la même période, le nombre de personnes sans électricité en Afrique subsaharienne a à peine évolué, passant de 565 millions à 563 millions.
Les progrès varient d'un pays à l'autre sur le continent. L'Afrique de l'Est a réduit son déficit d'accès à l'électricité de 35 millions de personnes entre 2010 et 2024, grâce à l'extension du réseau électrique et aux énergies décentralisées dans des pays tels que le Rwanda et le Kenya. Le déficit de l'Afrique centrale a augmenté de 34 millions, tandis que l'Afrique de l'Ouest comptait encore environ 181 millions de personnes sans électricité en 2024.
Points clés à retenir
Le défi de l'accès à l'électricité en Afrique subsaharienne ne se résume pas à la simple mise en place de nouveaux raccordements. Il s'agit de les mettre en place plus rapidement que la croissance démographique. La région compte chaque année des millions de nouveaux consommateurs d'électricité, mais la croissance démographique absorbe la majeure partie de ces progrès.
C'est pourquoi le nombre de personnes privées d'électricité n'a pratiquement pas évolué depuis 2010, malgré l'intensification des projets d'électrification. La solution passera par une combinaison d'extension du réseau, de mini-réseaux et d'installations solaires hors réseau, car il reste trop coûteux ou trop long d'atteindre de nombreuses communautés rurales et à faibles revenus uniquement par le biais des réseaux nationaux.
L'initiative « Mission 300 », soutenue par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, a déjà permis de raccorder plus de 50 millions de personnes et vise à atteindre les 300 millions d'ici 2030. Mais l'ampleur du retard reste considérable. L'énergie solaire décentralisée assure déjà un accès de base à l'électricité à des centaines de millions de personnes dans le monde, tandis que les mini-réseaux offrent un service plus performant aux communautés et aux entreprises. Pour l'Afrique, la priorité est de transformer ces outils en un accès plus rapide, moins coûteux et plus fiable à grande échelle.