Les députés sénégalais doivent se prononcer dans la matinée de ce lundi 29 juin sur une réforme constitutionnelle qui introduit notamment plusieurs changements dans l'exercice de la fonction présidentielle. Sa mise au vote intervient alors que la dernière version du texte fait l'objet d'une passe d'arme entre les partisans du chef de l'État réunis au sein de la coalition Diomaye Président et le Pastef dirigé par Ousmane Sonko.
Au Sénégal, un projet de réforme constitutionnelle doit être soumis au vote des députés dans la matinée de ce lundi 29 juin à l'Assemblée nationale. Le scrutin va se dérouler alors que le texte est au coeur d'une passe d'arme entre le Pastef, dont le groupe parlementaire est à l'origine, et la coalition Diomaye Président qui soutient le chef de l'État.
Alors que les deux camps se sont fait face par conférence de presse interposées dimanche 28 juin, les partisans du président demandent en effet le retrait immédiat du projet de réforme, tandis que le parti d'Ousmane Sonko défend la légitimité de sa démarche. Portée par des députés du Pastef, cette réforme de la Constitution est une reprise d'un avant-projet de la présidence présenté en avril dernier auquel le parti majoritaire avait été associé.
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Le principal reproche que la coalition Diomaye Président lui fait désormais est l'introduction, à la dernière minute, d'amendements accusés de dénaturer la version initiale du texte. Parmi eux notamment : l'un qui précise le cadre légal appliqué à la haute trahison du chef de l'État, un autre qui limite le pouvoir de dissolution du président en ne lui donnant la possibilité de dissoudre l'Assemblée nationale qu'une seule fois au cours de son mandat, ou encore un troisième qui introduit l'obligation pour le chef de l'État de déclarer son patrimoine non plus seulement à son arrivée aux affaires mais aussi à chaque fin de mandat.
Criant à la manoeuvre politique, les partisans de Bassirou Diomaye Faye comme Aminata Touré, superviseure générale de la Coalition Diomaye Président, estiment, eux, que de tels changements ne peuvent se faire sans l'aval du peupl sénégalais. « Ce que le président de la République a prévu de faire, c'est d'aller au référendum, explique cette dernière. Il en définira la date pour que les Sénégalais soient directement consultés sur ces changements qui dénaturent complètement le régime présidentiel ». Des changements qu'elle impute en partie à une « position revancharde » d'Ousmane Sonko, « l'ancien Premier ministre [aujourd'hui devenu président de l'Assemblée nationale, NDLR] qui a été remercié », poursuit-elle.
Si, en cela, la coalition Diomaye rejoint le point de vue d'une partie de la société civile et de l'opposition - qui pointent elles aussi une démarche précipitée et réclament le retrait du projet de réforme constitutionnelle pour que des concertations soient menées autour de sa nouvelle version -, Mohamed Ayib Daffé, le président du groupe parlementaire du Pastef, rappelle toutefois que ce processus est issu d'un dialogue initié lors des Assises de la Justice, en 2024, et du système politique, en 2025.
« On ne peut pas, dans un pays qui doit faire l'objet de réformes, qui veut avancer, être dans un dialogue éternel. À un moment, il faudra qu'après le dialogue, qu'après la concertation, les institutions puissent jouer leur rôle et prendre leurs responsabilités. C'est ce que les Sénégalais attendent de nous », a-t-il ainsi déclaré.
Sauf surprise, le texte mis au vote devrait être adopté par l'Assemblée nationale où le Pastef peut s'appuyer sur une majorité de 130 députés sur 165.
