La Coalition Diomaye Président est sortie de sa réserve, hier dimanche 28 juin 2026, pour défendre le président de la République et dénoncer les amendements apportés au projet de révision constitutionnelle en discussion à l'Assemblée nationale. Réunis à la résidence les Feto 2, Mme Aminata Touré, entourée du ministre, Dr El Hadj Abdourahmane Diouf, Maitre Abdoulaye Tine, Mame Coumba Diop, Aldiouma Sow et de plusieurs responsables politiques, a accusé certains anciens compagnons du président Bassirou Diomaye Faye de vouloir remettre en cause l'équilibre des les institutions de la République. Elle a toutefois tenu à préciser qu'« il n'existe pas de crise institutionnelle au Sénégal ».
Tout au long de cette rencontre avec la presse, La Coalition Diomaye Président a vigoureusement défendu le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye, tout en appelant au retrait des amendements introduit dans le texte examiné par les députés. Pour la coalition, ces modifications s'éloignent de l'esprit de la réforme initialement voulue par le président de la République.
En revenant sur le contexte général, Aminata Touré, a inscrit le débat dans une perspective historique. Elle a rappelé que depuis l'indépendance en 1960, le pays s'est distingué par la stabilité de ses institutions et par une tradition démocratique qui lui a permis de connaitre et de réussir trois alternances pacifiques, contrairement à plusieurs pays de la sous-région confrontés à des coups d'État ou à des conflits politiques.
A ses yeux, cette stabilité repose sur un régime présidentiel équilibré dans lequel le chef de l'État est le garant de la Constitution, de la continuité de l'Etat et du bon fonctionnement des institutions.
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Pour la coalition, le débat autour de la révision constitutionnelle intervient dans un contexte où les préoccupations des Sénégalais sont sur d'autres terrains. Les attentes liées au coût de la vie, au chômage des jeunes, à la situation des femmes, aux difficultés rencontrées par les artisans, à la préparation de la campagne agricole et au pouvoir d'achat devraient davantage retenir l'attention des pouvoirs publics et de la représentation nationale.
Abordant le fond du dossier, Aminata Touré a rappelé que le projet porté par président Bassirou Diomaye Faye s'est inspiré des conclusions des Assises nationales, des Assises de la Justice et du Dialogue politique. Mais, selon elle, les amendements introduits au Parlement ont profondément modifié le texte au point d'en altérer la philosophie et de l'éloigner des engagements initiaux.
L'ancienne Première ministre a ensuite établi un lien entre cette évolution et le limogeage, le 22 mai dernier, du Premier ministre d'alors, Ousmane Sonko. Elle a considéré que cette décision, prise dans le cadre des prérogatives constitutionnelles du chef de l'État, aurait entraîné une réaction politique de certains députés, qui chercheraient à réduire les pouvoirs du président de la République au profit de ceux du président de l'Assemblée nationale. Elle cite les dispositions contestées relatives à l'encadrement du droit de dissolution de l'Assemblée nationale, et estime dans le même temps les possibilités de mise en cause du Premier ministre demeurent largement inchangées.
La coalition réclame la suppression de certaines propositions de modification de la Constitution, notamment celles relatives à l'impossibilité pour le chef de l'État d'être chef de parti. « Nous avons persuadé le président de la République de créer son propre parti », a déclaré Aminata Touré, estimant que les événements récents démontrent les risques pour un président d'être privé d'un instrument politique face à des responsables de son ancienne formation politique qu'elle accuse aujourd'hui de trahison.
Les différents intervenants se sont inquiétés des menaces qui pèseraient sur la démocratie sénégalaise. Ils ont dénoncé une instrumentalisation de l'Assemblée nationale à des fins de règlement de comptes politiques et mis en garde contre une évolution vers un régime parlementaire susceptible, à leurs yeux, de fragiliser l'équilibre institutionnel du pays. Ils ont lancé un appel aux députés afin qu'ils privilégient l'intérêt général plutôt que les considérations partisanes.
Tout en dénonçant les tensions actuelles entre le chef de l'État et certains de ses anciens compagnons politiques, Aminata Touré a tenu à rassurer l'opinion publique. « Il n'existe pas de crise institutionnelle au Sénégal », a-t-elle affirmé, estimant que les institutions continuent de fonctionner normalement malgré les divergences politiques.
Enfin, la Coalition Diomaye Président s'est prononcée pour le retrait du texte amendé et pour un retour à l'esprit des concertations ayant inspiré la réforme initiale. Elle soutient que toute révision profonde de la Constitution devrait, conformément à la volonté exprimée par le président Bassirou Diomaye Faye, être soumise directement au peuple sénégalais par voie référendaire, rappelant que « 135 députés ne représentent pas à eux seuls le peuple sénégalais ».