C'est peut-être l'un des facteurs déterminants de la lutte contre la propagation du virus Ebola dans l'est de la RDC: parvenir à casser les chaînes de transmission provoquées par les personnes déplacées à cause de la guerre ou du manque de nourriture qui touchent la région.
En République démocratique du Congo, l'épidémie d'Ebola progresse dans la province de l'Ituri où deux décennies de conflits armés continuent de provoquer d'importants déplacements de populations. Dans la province, plus d'un million de personnes contraintes de quitter leurs foyers à cause de la guerre se répartissent ainsi sur 107 sites d'hébergement. Depuis la troisième semaine de juin, des mouvements de personnes en quête de soins sont notamment signalés depuis Mongbwalu, foyer de l'épidémie, en direction de Bunia et de Nizi.
Seul problème: seuls 69 de ces sites d'hébergement sont suivis par les humanitaires, si bien qu'ailleurs, l'eau et les latrines manquent. Résultat : cinq sites sont déjà touchés par Ebola, avec des décès confirmés parmi leurs habitants. Tel est par exemple le cas à Kigonze où sept enterrements sécurisés ont eu lieu et où une campagne de sensibilisation a été mise en place pour venir à bout des réticences communautaires.
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Si les combats sont souvent l'une des principales raisons qui poussent les gens à se déplacer, la faim n'est pas non plus étrangère au phénomène, relève pour sa part le Programme alimentaire mondial (PAM). Celui-ci évoque par exemple le cas de Jacques, un père de famille déplacé qui vit aujourd'hui à Béni après avoir fui les combats à Bukavu, qui partage une ration alimentaire avec 13 de ses proches. Alors que celle-ci ne dure que deux semaines dans le mois, « comment les nourrir ensuite, vu que je n'ai aucun moyen ? », s'interroge cet homme dont la fille de cinq ans est morte d'Ebola et dont la femme reste pour l'instant à isolement.
Pour le PAM, la nourriture est aussi un enjeu de la lutte contre la maladie car les familles qui n'y ont pas accès continueront de se déplacer, avec le risque d'emmener le virus avec elles.