Le Bénin poursuit le renforcement de sa politique d'inclusion financière à travers une série de réformes et d'initiatives visant à élargir l'accès des populations aux services financiers formels. Entre la promotion des paiements numériques, l'assainissement du secteur de la microfinance et le renforcement de l'éducation financière, les autorités entendent consolider les acquis tout en améliorant la transparence des transactions économiques.
Parmi les mesures phares mises en oeuvre figure l'instauration d'une taxe de 1% sur les transactions commerciales en espèces supérieures à 100 000 FCFA. Cette disposition s'inscrit dans la stratégie gouvernementale de modernisation des moyens de paiement et vise à encourager le recours aux solutions électroniques telles que les virements bancaires, les chèques et les transferts via Mobile Money.
Au-delà de la promotion des paiements dématérialisés, cette réforme poursuit plusieurs objectifs, notamment l'élargissement de l'inclusion financière, la traçabilité des opérations économiques et le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale.
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Le secteur de la microfinance a également fait l'objet d'une attention particulière. Une mission d'investigation menée par la Brigade économique et financière a permis de mettre au jour des activités illégales de collecte d'épargne et d'octroi de crédit dans plusieurs localités du pays. Face à cette situation, la Direction générale de la microfinance a intensifié ses actions de sensibilisation en organisant des sessions destinées aux autorités locales.
Au total, 563 élus des départements du Borgou, des Collines, du Couffo et du Zou ont été formés sur les risques liés à la prolifération des structures financières non autorisées. L'objectif était de renforcer leur rôle dans la surveillance des activités financières au niveau local et de soutenir les efforts de régulation engagés par les pouvoirs publics.
L'amélioration des connaissances financières des populations constitue un autre pilier de la stratégie nationale. Dans ce cadre, des sessions de formation ont été organisées au profit des enseignants et des artisans afin de promouvoir les bonnes pratiques en matière de gestion budgétaire et d'éducation financière. Au total, 300 enseignants et 60 artisans issus des départements du Littoral, du Mono et de l'Ouémé ont bénéficié de ces programmes de renforcement des capacités.
Parallèlement, le ministère en charge des affaires sociales a mené plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des bénéficiaires et potentiels bénéficiaires des dispositifs de secours nationaux. Ces actions ont été complétées par la diffusion de messages d'information sur la télévision publique portant notamment sur le taux effectif global applicable aux institutions de microfinance ainsi que sur l'interdiction de la tontine informelle connue sous l'appellation « Adogbé ».
Sur le plan institutionnel, l'année 2024 a été marquée par la mise en place du secrétariat permanent et du comité de pilotage de la Stratégie nationale d'inclusion financière (Snif). L'opérationnalisation de ces organes de gouvernance devrait permettre une meilleure coordination des interventions publiques et privées, tout en accélérant la mise en oeuvre des actions destinées à favoriser l'accès des populations aux services financiers formels.
A travers ces différentes initiatives, le Bénin confirme sa volonté de faire de l'inclusion financière un levier de développement économique et social, en s'appuyant sur la digitalisation, l'éducation financière et un cadre réglementaire renforcé.