Congo-Kinshasa: Ebola - Près de Bunia, le difficile travail d'inhumation des victimes par la Croix-Rouge et ses volontaires

Dans l'est de la RDC, l'épidémie d'Ebola a désormais fait plus de 300 morts parmi plus de 1 200 cas confirmés. Dans la province de l'Ituri, la plus touchée, parmi les équipes dont le travail est de casser la chaîne des contaminations, il y a les volontaires de la Croix-Rouge chargés des enterrements « dignes et sécurisés » des victimes du virus ou supposées telles. Ces équipes sont souvent agressées, parfois blessées. En un mois, la Croix-Rouge déclare cependant avoir procédé à plus de 300 enterrements. Reportage.

Il est 11h, à Shari, aux portes de la ville de Bunia, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). À l'orée des maisons apparaît un monticule de terre transformé en cimetière. Les fossoyeurs s'effacent, un prédicateur entonne des cantiques.

Quatre volontaires de la Croix-Rouge, entièrement protégés par leurs combinaisons, portent en terre un homme décédé.

« Avant, nous l'aurions enterré seuls »

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Cette fois, ce sont les proches eux-mêmes qui ont alerté les secours, explique Claude, un membre de la famille : « Maintenant, nous doutons de toute mort... Nous avons appelé nous-mêmes la Croix-Rouge. Avant, nous l'aurions enterré seuls. »

Avant chaque intervention, une équipe de reconnaissance est envoyée sur place. Une précaution devenue indispensable pour Alex Lock, responsable à la Croix-Rouge. « L'endroit où on a fait un enterrement aujourd'hui, ça peut être le même endroit où l'on est pris à partie le lendemain par des communautés. C'est la raison pour laquelle on doit déployer systématiquement une première équipe de reconnaissance avant de déployer une équipe d'enterrement digne et sécurisée. L'évaluation inclut également un échange avec les membres de la communauté et de la famille. Et une fois que le rapport est fait, s'il est favorable, on déploie l'équipe », explique-t-il.

Ces volontaires sont pourtant issus des communautés qu'ils servent. « Certains sont des enseignants, d'autres sont des commerçants, des personnes qui sont formées dans le secteur de la santé mais pas que », souligne Alex Lock.

Cette proximité facilite le dialogue mais ne les met pas à l'abri des rumeurs.

« Ils pensent qu'on gagne beaucoup d'argent après avoir enterré un corps »

Entre deux interventions, David, chef d'équipe, tente encore de convaincre quelques curieux près du cimetière. « Ils pensent qu'on gagne beaucoup d'argent après avoir enterré un corps, ils disent 2 000 dollars », déplore-t-il.

La preuve des tensions est encore visible : le corbillard de la Croix-Rouge roule aujourd'hui avec deux vitres manquantes, brisées lors d'un caillassage.

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