La 27e édition du Festival Gnaoua s'est achevé au coeur de la nuit de samedi 27 à dimanche 28 juin. 500 artistes, 50 concerts et trois jours de fête pour mettre en avant et défendre la culture gnaoua, tradition ancestrale qui était sur le point de s'éteindre lorsque le festival a été créé en 1998. Avant un premier bilan, l'ultime concert de cette édition était celui de la star brésilienne, Carlinhos Brown.
Prenez le temps de vivre ! Aussi possédé que joyeux, Carlinhos Brown a offert un concert d'anthologie au public. Accompagné par de jeunes musiciens surdoués, le natif de Salvador de Bahia, se sent chez lui en terre africaine. « La paix est dans nos origines. Quand je viens en Afrique, je me dis : "Oh mon dieu, je reviens à la maison." » Vous comprenez ? Je suis chez mes ancêtres. Et cette sensation, c'est de retrouver la paix », estime-t-il.
Militant, défenseur des opprimés, en particulier la communauté afrodescendante dans un Brésil divisé. Carlihnos Brown reste un sage, un artiste qui refuse toute forme de violence, et qui estime qu'il est temps de se rassembler pour avancer. « Le temps est venu de bien se parler, de tout faire pour l'éducation, pour le respect des femmes, pour le respect des enfants. Il faut se mettre au travail, le monde doit évoluer, voilà ma pensée. » Une identité, un message d'unité transmis, sans complaisance. Lors d'un concert transformé en fête populaire, une transe « sauce brésil » magistrale.
2,8 millions de d'euros de budget
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Au total, la 27e édition du festival Gnaoua d'Essaouira a réuni cette année 300 000 personnes. Avec 30 millions de dirhams de budget, 2,8 millions d'euros de financements publics et privés, l'évènement maintient son cap : faire rayonner la musique en restant totalement gratuit.
« C'est le festival des jeunes. C'est un événement qui défend des notions d'égalité, de démocratie. Nous avons vraiment travaillé très dur pour défendre cette authenticité, pour défendre ce qu'est cet événement et les valeurs qu'il porte », dit Neila Tazi, fondatrice et productrice du festival.
L'étude menée à Essaouria indique que chaque euro investi par le festival en génèrent 17 pour la ville. Avec le temps, l'évènement est donc devenu une référence au Maroc. Une stratégie soutenue par les autorités.
01:51 Le bilan de la 27e édition du festival Gnaoua d'Essaouira
Guillaume Thibault Nadia Fettah Alaoui est ministre de l'Économie et des finances. Elle estime : « Les industries culturelles doivent être soutenues. C'est ce que nous faisons au Maroc, parce que c'est des emplois des villes qui trouvent des sources de revenus pérennes. Et effectivement, un gouvernement ne peut pas prendre toutes les initiatives, mais alors, les porter à bras le corps, les soutenir et les accompagner, ça, on en est convaincu. On y travaille ! »
Née à Essaouria, la jeune Fatima Zahra Jbali, une chanteuse, représente parfaitement le festival Gnaoua : faire bouger les lignes, faire entendre la jeune génération, notamment les musiciennes. L'ADN d'un festival qui traverse le temps.