Stabyl a levé 2,7 millions de dollars dans le cadre d'un tour de table « pre-seed » afin de développer une plateforme de liquidité sur le marché des changes destinée aux institutions financières et aux prestataires de services de paiement en Afrique.
Ce tour de table a été mené par Konga, qui servira également de premier cas d'essai concret pour Stabyl et de partenaire de règlement en naira via KongaPay. La start-up a été fondée par Prince Nnamdi Ekeh, Zachary Schwartzman et Michael Anyi.
Stabyl n'est ni une application grand public ni une société de paiements transfrontaliers. Elle fournit une infrastructure permettant aux sociétés de paiement, aux banques et aux grandes institutions de s'approvisionner en devises étrangères et de régler leurs transactions plus rapidement. L'entreprise se concentre actuellement sur le corridor naira-dollar, mais prévoit d'ajouter d'autres paires de devises africaines.
La plateforme utilise un carnet d'ordres à limite centralisé qui permet aux acheteurs et aux vendeurs de devises de passer et de faire correspondre leurs ordres automatiquement. Stabyl affirme que cela remplace les processus manuels dans lesquels les équipes de trésorerie contactent les banques, les prestataires de paiement et les partenaires de liquidité pour comparer les taux et garantir l'approvisionnement.
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Le règlement peut s'effectuer aussi bien via les réseaux bancaires que par le biais de stablecoins. Stabyl prend en charge l'USDT et l'USDC, tandis que l'infrastructure de portefeuille est fournie par DFNS. La société a indiqué qu'elle utiliserait ces fonds pour l'obtention de licences, la mise en conformité et le développement de son infrastructure, à mesure que la réglementation nigériane en matière d'actifs numériques se précise.
Points clés à retenir
Stabyl s'attaque à l'un des problèmes les moins visibles mais les plus importants du secteur des paiements en Afrique : la liquidité. De nombreuses entreprises de paiement sont capables de collecter et de transférer des fonds, mais elles ont tout de même besoin d'accéder aux devises étrangères avant de pouvoir régler leurs transactions transfrontalières.
Au Nigeria, ce processus est souvent fragmenté, lent et dépendant de multiples contreparties. Les stablecoins peuvent apporter une solution, car ils permettent un règlement plus rapide et offrent une liquidité indexée sur le dollar, mais ils doivent tout de même être reliés aux réseaux bancaires locaux. C'est cette lacune que Stabyl souhaite combler.
En créant une place de marché permettant aux institutions de faire correspondre leurs ordres de change, l'entreprise s'efforce de rendre la liquidité plus transparente et plus accessible. Son initiative bénéficie d'un contexte réglementaire en pleine évolution au Nigeria, après que la banque centrale a levé ses restrictions bancaires sur les cryptomonnaies et que l'autorité de régulation des marchés financiers a commencé à intégrer les fournisseurs d'actifs virtuels dans un cadre réglementaire officiel. Le défi réside dans la confiance.
Les plateformes de liquidité nécessitent une conformité rigoureuse, un règlement fiable, des contreparties solides et l'agrément des autorités de régulation. Si Stabyl parvient à mettre cela en place, elle pourrait devenir une couche d'infrastructure pour les fintechs, les banques et les sociétés de paiement opérant sur les corridors monétaires africains.