Les experts des États membres de la sous-région, réunis du 22 au 27 juin dans la capitale congolaise, ont validé de nouvelles notes de conjoncture et appelé au renforcement du suivi économique au niveau communautaire. À travers ces outils statistiques, l'Afrique centrale entend doter les gouvernements d'instruments d'aide à la décision plus performants et contribuer à un pilotage économique régional plus efficace.
Le séminaire régional de conjoncture économique des États membres de la Communauté économique et monétaire des États de l'Afrique centrale(Cémac), placé sur le thème « Analyse des évolutions économiques récentes et perspectives à court terme », a mobilisé des représentants d'administrations nationales en charge de l'économie, des finances et de la statistique, ainsi que plusieurs institutions communautaires et partenaires techniques. Il a également enregistré la participation de la Commission de l'Union économique Ouest-africaine, d'Afristat ainsi que d'une délégation du ministère de l'Économie et des Finances chargé de l'Industrie de Djibouti.
Pendant six jours, les experts ont examiné la conjoncture économique de la sous-région, avec pour principal objectif d'améliorer la production et l'exploitation des données économiques régionales. Ils ont notamment validé la note de conjoncture du quatrième trimestre 2025 et rédigé puis adopté celle du premier trimestre 2026.
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À court terme, la Commission de la Cémac est invitée notamment à instaurer un mécanisme de notation des performances des États dans la production des notes de conjoncture, à institutionnaliser un réseau de points focaux nationaux et à définir un calendrier régulier de production et de diffusion des notes régionales. Elle devra également calculer des indicateurs agrégés portant précisément sur les productions de pétrole, de gaz, d'électricité, d'eau, de bois, de coton ou encore de cacao. À moyen terme, les experts insistent sur l'élaboration d'un modèle de prévision économique, la production d'indicateurs conjoncturels régionaux tels que l'Indice de production industrielle, l'Indice des prix à la production industrielle ou encore l'Indicateur du climat des affaires, ainsi que le développement d'une plateforme numérique destinée à faciliter le partage et la consolidation des données.
Les États membres sont également appelés à renforcer leur contribution en transmettant régulièrement leurs informations, même provisoires, à la Commission de la Cémac, tout en améliorant la production d'indicateurs conjoncturels, dont le probuit intérieur brut trimestriel. Le commissaire en charge du Département des politiques économique, monétaire et financière de la Commission de la Cémac, Nicolas Beyeme Nguema, a estimé que cette session de Brazzaville marque « un véritable changement d'échelle » dans la coopération économique régionale. « Après Djibloho, en Guinée équatoriale, où nous avions harmonisé nos méthodes, Brazzaville consacre désormais leur mise en oeuvre effective. Nous passons progressivement d'une logique de production statistique à une logique de pilotage économique régional », a-t-il déclaré.
Le directeur de l'Institut sous-régional de statistique et d'économie appliquée-Cémac, Dr Ignace Kamga, s'est réjoui de l'atteinte des objectifs fixés. Les experts repartent, d'après lui, avec des recommandations concrètes qui permettront d'améliorer la qualité des notes de conjoncture et des bulletins économiques de la sous-région. Invitée à partager l'expérience de son pays, Kadra Ahmed Saïd, sous-directrice des Analyses macroéconomiques et des prévisions au ministère de l'Économie et des Finances de Djibouti, a salué une volonté visant à consolider la coopération africaine.