Au Kenya, les défenseurs des droits humains se disent inquiets du retour des disparitions forcées. Sept militants avaient disparu depuis jeudi 25 juin, date de commémoration de la Maanda Mano, mouvement de protestation de la jeunesse qui avait culminé, le 25 juin 2024, dans l'invasion du Parlement. Ils ont été retrouvés, ce week-end, abandonnés dans différents lieux de Nairobi, certains dans un état critique. Les défenseurs des droits humains y voient l'action des forces de police kényanes.
Davis Lichuma a été retrouvé dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29 juin abandonné devant l'hôpital Jomo Kenyatta de Nairobi. Son ami, Sayelel Mankuyu, l'a rejoint au plus vite : « On l'a retrouvé sans vêtements. Il n'avait qu'un caleçon. Il était incapable de parler. Quand on le touchait, il sursautait, comme quelqu'un qui subit des chocs électriques. Il se trouve toujours aux urgences, il est dans un coma total. »
Pour Boniface Mwangi, défenseur des droits humains et candidat à la présidentielle de 2027, il n'y a aucun doute sur l'identité des tortionnaires : « Il est clair qu'il a été torturé durant trois jours et que c'est l'oeuvre de l'État kényan. Il a été arrêté par des hommes en uniforme, emmené au poste central de police, puis déplacé et porté disparu. L'an passé, le président Ruto a promis la fin des enlèvements, mais il est clair qu'ils sont de retour. »
Plus de 80 cas de disparitions forcées
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La Commission nationale kényane des droits humains avait enregistré plus de 80 cas de disparitions forcées dans les mois qui ont suivi la Maanda Mano de 2024.
Hussein Khalid, de l'organisation Vocal Africa, y voit une politique délibérée des autorités kényanes : « Les défenseurs des droits de l'homme sont manifestement devenus les cibles de ce gouvernement. Ces derniers jours, d'autres personnes ont été enlevées et sont toujours portées disparues. Nous disons à la police : vous n'êtes pas au-dessus des lois, le Kenya n'est pas un État policier. »
Dans un communiqué publié dimanche 28 juin, la police nationale a promis d'enquêter sérieusement sur toutes les allégations de disparitions forcées.