Cote d'Ivoire: Mondial 2026 - De Lille à Philadelphie, Thierry et Ben, une amitié portée par la passion des Éléphants

Séparés par plus de 5 000 kilomètres entre la région parisienne et Ottawa, Thierry et Ben, amis depuis leurs années étudiantes à Lille, ont tout mis en oeuvre pour voir jouer la Côte d'Ivoire au Mondial 2026 à Philadelphie. Un voyage coûteux, mais inoubliable, où le football et l'amitié ont pris le pas sur les kilomètres et les frontières.

À la sortie du stade de Philadelphie, les sourires effacent la fatigue des 7 h 30 de route avalées depuis Ottawa et les quelques sueurs froides de l'avant-match. La Côte d'Ivoire vient de battre Curaçao et d'écrire une nouvelle page de son histoire. Dans les tribunes, Thierry et Ben ont vécu, ensemble, ce moment qu'ils attendaient depuis des années.

Leur histoire, elle, a commencé loin des États-Unis, sur les bancs de l'université à Lille. C'était il y a près de vingt-cinq ans. Deux jeunes Ivoiriens, deux étudiants expatriés qui trouvent, dans une communauté d'amis, un prolongement de la famille laissée au pays. « On se réunissait souvent, comme des frères, comme une famille. C'est là qu'est née l'affinité avec Thierry », raconte Ben, né et grandi à Abidjan, avec des racines à Biankouma, dans l'ouest ivoirien.

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Depuis, les chemins ont pris des directions différentes. Thierry, originaire d'Agboville et élevé à Abidjan, est devenu consultant financier et vit aujourd'hui à Émerainville, en Seine-et-Marne. Ben, lui, a rejoint le Canada en 2014 et intégré l'armée canadienne. Plus de 5 000 kilomètres les séparent, mais les appels, les messages et les retrouvailles ponctuelles ont entretenu l'amitié.

Et puis, il y a le football. Les Éléphants comme fil conducteur, comme langue commune. « En décembre, quand j'étais en France, je lui ai dit qu'il fallait qu'il vienne au Canada pour qu'on voie au moins un match du Mondial ensemble », se souvient Ben.

Le rendez-vous est pris. Thierry saute dans un avion pour Ottawa retrouver son ami. Direction ensuite Philadelphie, en voiture, pour assister au match Côte d'Ivoire-Curaçao après un trajet de 7h30.

Mais l'aventure manque de tourner court.

Le billet promis à Ben par un ami n'arrive jamais. À l'entrée du stade, pas de revendeur, pas de solution miracle. Le coup d'envoi approche. Alors le militaire ivoiro-canadien prend une décision qu'il n'oubliera pas de sitôt : débourser 600 dollars pour assister à la rencontre. « Oui, ça valait le coup. J'étais bien assis, juste derrière le banc des joueurs ivoiriens. C'était cool. J'ai bien profité, c'était une bonne fête », sourit-il encore.

Thierry, lui, a eu plus de chance. Gagnant d'un tirage au sort, il a obtenu son billet pour 114 euros. Au total, entre l'avion, les dépenses sur place et les cadeaux pour la famille, le voyage lui revient à un peu plus de 1 000 euros.

« On explose un peu le budget, mais oui, ça valait le coup. On a gagné », dit-il dans un éclat de rire.

Aucun regret, même s'il faut déjà penser au retour et laisser les Éléphants poursuivre leur aventure sans eux avec un huitièmes de finale ce mardi 30 juin face à la Norvège. « Eux, c'est leur travail. Moi, j'ai le mien. Il faut bien financer le fait de venir les voir jouer à chaque fois », glisse Thierry.

Ben acquiesce. « C'est le rêve de tout Ivoirien de voir au moins un match de Coupe du monde de la Côte d'Ivoire. Nous, on l'a fait. C'était ma première Coupe du monde et on espère qu'il y en aura d'autres. »

Le huitième de finale de la Côte d'Ivoire face à la Norvège, ils le donc suivront chacun de leur côté, devant leur écran. L'un à Ottawa, l'autre en France. Mais avec la même ferveur et cette connexion intacte que ni la distance ni les années n'ont réussi à briser.

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