Madagascar: Le bambou devient un matériau d'avenir

À travers une conférence, « Constructing the Future: Cyclone-proof Bamboo Construction », organisée le 29 juin 2026 à l'IST Ampasapito, chercheurs, ingénieurs et spécialistes ont démontré que le bambou constitue une solution durable, résistante aux cyclones et bénéfique pour l'environnement. Les échanges ont également mis en avant des expériences internationales, notamment celle de la Fondation Byanyas aux Philippines, qui illustre le potentiel économique, social et écologique de cette ressource.

Les interventions ont porté sur les propriétés mécaniques du bambou, sa résistance aux cyclones, sa contribution à la réduction des émissions de carbone, ainsi que son rôle dans la préservation des ressources forestières. Les spécialistes ont également insisté sur ses retombées économiques et sociales, notamment à travers la création d'emplois et le développement d'une filière durable.

Parmi les préoccupations du public figurait la propagation du bambou. Le Dr Rado a expliqué que les rhizomes ne descendent généralement pas à plus de 60 centimètres de profondeur. Seules les racines adventives peuvent dépasser légèrement cette limite. Pour les espèces à racines traçantes, une tranchée d'environ 60 centimètres autour de la plantation suffit à empêcher leur expansion.

Le président du Centre Malgache des Ressources et Technologies du Bambou (CMBART), Jean-Yves Razafindrakoto, a apporté des précisions complémentaires. Selon lui, le bambou reste une plante facilement maîtrisable, puisque son système racinaire demeure superficiel. Il a également expliqué qu'un rhizome exposé à l'air libre ne survit qu'environ 14 heures avant de se dessécher. Or, à Madagascar, la croissance des rhizomes ne dépasse généralement pas 50 centimètres par jour. Ils ne disposent donc pas du temps nécessaire pour franchir une barrière de protection de 60 centimètres avant de mourir, ce qui réduit considérablement les risques de propagation incontrôlée.

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Les participants ont également découvert l'expérience de la Fondation Byanyas, implantée à Napsan, sur l'île de Palawan, aux Philippines. Cette initiative d'économie circulaire tire son nom d'un autel traditionnel en bambou utilisé par la communauté autochtone Tagbanua.

La fondation fait du bambou traité une alternative au bois et au béton afin de limiter la déforestation. Elle réalise des bâtiments écologiques naturellement ventilés, dont certains atteignent trois étages, ainsi que des escaliers et des structures intérieures entièrement en bambou.

Au-delà de la construction, le projet favorise l'insertion socio-économique des communautés locales. Un centre de production forme les habitants et les peuples autochtones au traitement du bambou destiné au secteur du bâtiment, mais aussi à la fabrication de meubles, d'objets de décoration et de souvenirs inspirés du savoir-faire. Cette démarche crée des emplois durables tout en valorisant les ressources locales.

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