Les experts en gestion des finances publiques des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), réunis à Brazzaville depuis le 29 juin, évaluent l'état d'avancement des réformes communautaires afin de définir les priorités pour les prochaines années.
Au centre des échanges figurent l'amélioration des statistiques des finances publiques, le renforcement de la transparence budgétaire et la modernisation des systèmes de gestion financière.
Placée sur le thème « Améliorer la production et l'utilisation des statistiques des finances publiques pour renforcer la transparence et la gouvernance budgétaire en zone Cémac », la rencontre rassemble une cinquantaine de spécialistes des finances publiques, du budget, de la comptabilité publique et des statistiques financières venus du Cameroun, de la République centrafricaine, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad.
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Prennent part également à ces travaux des représentants de la Commission de la Cémac, de la Banque des États de l'Afrique centrale, de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale, de la Cour des comptes de la Cémac, de l'Institut d'économie et des finances, ainsi que des experts de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) et d'Afristac Centre.
D'après le commissaire de la Cémac chargé du Département des politiques économique, monétaire et financière, Nicolas Beyeme Nguema, cette session des experts s'inscrit dans le cadre du suivi de la mise en oeuvre des réformes communautaires en matière de gestion des finances publiques et de l'exécution du plan d'actions régional 2024-2026.
Les participants évaluent les progrès réalisés dans les États membres, mesurent l'application des recommandations formulées lors de la précédente session et identifient les principaux obstacles freinant encore l'harmonisation des systèmes de gestion budgétaire. Ils procéderont également à la validation du Guide sur les risques budgétaires, à l'examen des notes méthodologiques relatives au Compte unique du Trésor (CUT), y compris à l'analyse des risques liés aux partenariats public-privé sur la dette publique.
Les échanges porteront sans doute aussi sur le renforcement des capacités des administrations nationales dans des domaines tels que la gestion de la trésorerie, la déconcentration de l'ordonnancement, la délocalisation du contrôle financier ou encore la modernisation de la fonction comptable. Pour l'expert du FMI, Clément Ncouti, la réunion de Brazzaville constitue un cadre de partage d'expériences sur la mise en oeuvre du budget-programme, du CUT et des systèmes d'information intégrés.
Il a estimé que les progrès observés depuis 2011 et l'adoption des directives communautaires demeurent toutefois insuffisants face aux défis persistants. Les pays de la sous-région sont appelés à améliorer la production des statistiques de finances publiques, pour une meilleure prise en compte des collectivités territoriales et des organismes de sécurité sociale, une coordination efficace entre les régies financières, le Trésor et les services statistiques.
L'un des temps forts de cette session concerne la réalisation d'un diagnostic régional des statistiques des finances publiques ; l'objectif étant d'identifier les insuffisances liées à la qualité, la cohérence et la comparabilité des données budgétaires produites dans les pays membres, afin de proposer des mesures correctrices adaptées aux réalités nationales.
Ouvrant les travaux de l'atelier, le directeur de cabinet du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public du Congo, Paul Malié, s'est réjoui de la transposition presque achevée des directives communautaires dans les législations nationales, du renforcement progressif de la transparence budgétaire, de la généralisation du budget-programme dans plusieurs États ainsi que des progrès réalisés dans le domaine de la comptabilité publique.