Soudan: Guerre au pays - Entre les États-Unis et Khartoum, un changement de ton et de stratégie

Le Soudan est en proie à une guerre depuis le 15 avril 2023 entre l'armée et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les États-Unis, médiateurs dans ce conflit, ont accentué ces dernières semaines leurs pressions sur Khartoum, créant des frictions entre Washington et le camp du général al-Burhan. Explications.

Plusieurs observateurs du conflit au Soudan notent un changement significatif dans la nature des pressions américaines exercées sur les parties au conflit, particulièrement sur l'armée soudanaise et ses alliés : les États-Unis accusent en effet le général Abdel Fattah al-Burhan de refuser les propositions américaines visant à instaurer une trêve humanitaire qui pourrait aboutir à un cessez-le feu et, plus tard, à un dialogue national.

Ces pressions militaires et économiques sur l'armée soudanaise visent à la pousser à accepter les propositions américaines telles quelles.

Rejet des paramilitaires

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Or, Khartoum ne supporte pas que ses militaires soient mis sur un pied d'égalité avec les paramilitaires, auteur de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Soudan, selon l'ONU.

De son côté, le gouvernement Tasis, issu des paramilitaires et de ses alliés, et qui est basé à Nyala (sud-ouest du Soudan), a annoncé son accord avec le discours du Conseiller américain pour l'Afrique.

Le camp de l'armée, lui, accuse Massad Boulos de privilégier les intérêts économiques de Washington à la paix et à la sécurité du Soudan.

Depuis plusieurs mois, l'armée soudanaise se montre en tout cas intransigeante concernant tout dialogue avec les paramilitaires. Elle insiste sur la nécessité de leur reddition et sur sa capacité à remporter la victoire contre les Forces de soutien rapide (FSR), avant tout dialogue.

Sanctions

Washington a fini par la désigner le Conseil souverain soudanais présidé par le général al-Burhan comme étant une partie qui refuse la trêve, et l'armée soudanaise a été particulièrement visée par de nouvelles sanctions américaines annoncées le week-end du 27-28 juin 2026.

Ces sanctions visent huit personnes et entités travaillant pour le compte de l'armée ou du gouvernement de Khartoum. Désormais, il est par exemple interdit à la compagnie aérienne nationale de survoler les États-Unis. Des sociétés liées à l'armée ont également été sanctionnées par le Département d'État américain. Les sanctions incluent également l'obligation pour les délégués américains auprès des institutions financières internationales de s'opposer à tout prêt ou assistance financière ou technique au Soudan, ce qui complique les canaux d'approvisionnement et d'expédition de l'armée.

Pressions

Ces mesures, qui comportent de fortes implications politiques et économiques, reflètent le désir de Washington d'isoler du système international le système financier et militaire de Khartoum. Car l'armée au Soudan un acteur économique avant d'être une institution de défense. Beaucoup d'entreprises publiques sont ainsi dirigées par des chefs militaires ou des élites affiliées.

Le Soudan est depuis avril 2023 en proie à une guerre opposant l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), menées par son ancien allié, le général Mohamed Hamdan Dogolo dit Hemedti.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts et forcé, au plus fort du conflit, plus de 12 millions de personnes à fuir leur foyer, notamment au Tchad voisin, selon l'ONU.

Au début du mois de juin, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait présenté la guerre au Soudan comme un conflit « par procuration entre plusieurs pays ». Il avait mentionné en particulier les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

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