Une lettre ouverte adressée aux autorités togolaises pour leur demander de prendre des mesures afin de garantir un retour sûr de défenseurs des droits humains actuellement en exil et qui souhaitent rentrer au Togo : elle a été publiée par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), un an après les manifestations de juin 2025 contre la nouvelle Constitution, le coût de la vie, et l'emprisonnement de membres de la société civile. La situation est aujourd'hui encore jugée préoccupante par ces deux organisations.
La répression des manifestations de juin 2025 a entrainé plus d'une centaine d'arrestations, 21 cas de tortures et de mauvais traitements, et 5 décès, affirment la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT). Un an plus tard, aucune enquête n'a abouti, et un climat de peur persiste, selon ces deux ONG. Conséquence : une nouvelle vague d'exils de défenseurs des droits humains.
Justine Lavarde, chargée de programme au bureau défenseurs de la FIDH, souligne, au micro de Magali Lagrange : « Beaucoup d'activistes en exil affirment qu'ils ont du mal à s'exprimer, même depuis l'exil. Parce qu'avec les menaces qu'il peut y avoir en ligne, certains disent faire l'objet de répressions transnationales. C'est très compliqué pour eux. Et vu le climat actuel au Togo, le fait de rentrer dans ce climat-là est très dangereux pour eux. »
Garantir la protection des défenseurs des droits humains
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Un climat qui a conduit Rodrigue Ahego à prendre le chemin de l'exil fin-juillet 2025. Le coordinateur de Tournons la Page Togo avait déjà été interpellé un an plus tôt. « J'étais au Forum Sahel-Europe en Espagne et je venais juste de rentrer au pays, raconte-t-il. J'ai reçu l'alerte dans les 24 heures : je devais prendre les dispositions que je jugeais utiles, sinon j'étais dans les mailles du système, connaissant bien ses pratiques. Bon, on a jugé utile que je me mette en sécurité ».
La FIDH et l'OMCT saluent la libération de défenseurs des droits humains en fin d'année. Elles appellent les autorités togolaises à aller plus loin et à garantir la protection des défenseurs des droits humains qui souhaitent rentrer. Pour favoriser, disent-elles, un climat d'apaisement social dans le pays.