La Cour d'appel du Kenya a levé une injonction qui bloquait le projet du gouvernement de céder 15 % du capital de Safaricom à Vodacom, ouvrant ainsi la voie à une transaction d'un montant de 204,3 milliards de shillings kényans, soit environ 1,6 milliard de dollars.
Cette décision annule une injonction de la Haute Cour qui gelait l'opération depuis mars, après que des requérants eurent contesté la vente pour des raisons de constitutionnalité et de transparence. Ils faisaient valoir que la vente d'une partie d'un actif public à une société étrangère nécessitait une consultation plus large et une plus grande obligation de rendre des comptes.
Le Trésor a déclaré que ce retard risquait de nuire à la confiance des investisseurs et pourrait amener Vodacom à revoir le prix, à renoncer à l'opération ou à la reporter. Un collège de trois juges a estimé que l'intérêt général justifiait de permettre la poursuite de la transaction pendant que l'affaire judiciaire plus large se poursuivait.
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Cette vente s'inscrit dans le cadre du plan du président William Ruto visant à lever des fonds pour des projets d'infrastructure et à alléger la pression sur le budget. Le Kenya recherche des capitaux privés pour financer des projets routiers, ferroviaires, aéroportuaires, d'électricité, de barrages et d'irrigation dans le cadre d'un programme de développement plus large.
Si elle est menée à bien, la participation de Vodacom dans Safaricom passera de 40 % à environ 55 %, tandis que celle du gouvernement kenyan tombera à 20 %. Vodacom rachètera également les 12,5 % restants détenus par Vodafone International Holdings dans Vodafone Kenya, devenant ainsi l'unique propriétaire. La transaction doit encore obtenir les autorisations réglementaires définitives, notamment une éventuelle dérogation à l'obligation de lancer une offre publique d'achat aux autres actionnaires de Safaricom.
Points clés à retenir
Cette décision de justice revêt une grande importance, car elle relance l'une des plus importantes opérations de cession d'actifs prévues au Kenya et offre au gouvernement un moyen de lever des fonds sans s'endetter davantage ni augmenter les impôts. Safaricom est la société cotée en bourse la plus valorisée du Kenya et une source majeure de dividendes ; la vente d'une partie de la participation de l'État est donc à la fois financièrement utile et politiquement sensible.
Pour le Trésor, cette opération peut contribuer à financer les infrastructures et à alléger la pression budgétaire. Pour Vodacom, elle renforce son contrôle sur le plus grand opérateur de télécommunications d'Afrique de l'Est et lui permet de renforcer sa présence dans les services de paiement mobile, de données et aux entreprises par l'intermédiaire de Safaricom.
Mais cette affaire met également en évidence les tensions qui entourent la privatisation au Kenya. Les détracteurs réclament davantage de transparence et de consultation publique lors de la vente d'actifs stratégiques. Les investisseurs vont désormais suivre de près les autorisations restantes, la dérogation à l'obligation d'offre publique d'achat et la question de savoir si le recours judiciaire plus large entraînera de nouveaux retards.
Le succès de cette opération pourrait influencer les futures ventes d'actifs publics, y compris d'autres cessions prévues dans le cadre de la stratégie de financement du Kenya.