Congo-Brazzaville: Economie - Xperience Verte fait de l'humain le socle de la performance durable

Sur le thème « Humaniser le travail pour libérer la performance durable, responsabilité, régénération, efficacité », la rencontre, organisée le 19 juin à Brazzaville par le cabinet Conseil éthique et performance (CEP), a posé d'emblée son intuition centrale : une entreprise responsable envers son environnement et ses parties prenantes ne peut l'être durablement si elle néglige la qualité de vie de ses propres collaborateurs. Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT), longtemps traitées comme deux sujets distincts, l'une tournée vers l'extérieur, l'autre vers l'interne, ont ainsi été présentées comme les deux faces d'une même exigence.

L'événement prolonge le Green enterprise day, lancé en 2025 par le même cabinet et refermé sur la signature d'une charte patronale, « Ruptures engagées ». Sous son nouveau nom, la rencontre change d'échelle et de format, sans renoncer à l'ambition initiale : convaincre les dirigeants congolais que la qualité de vie au travail n'est pas un supplément d'âme, mais un levier de performance.

Une initiative inscrite dans l'action publique

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Venue lancer en personne le magazine perspectives Vertes, édité par le cabinet organisateur, Arlette Soudan-Nonault a salué une initiative qu'elle situe dans un mouvement plus large. « Vous apportez la preuve que le monde de l'entreprise en République du Congo et, plus largement, en Afrique, est prêt à prendre sa part dans le plus grand défi de notre siècle, celui du développement durable et de la transition écologique », a-t-elle déclaré. Elle a annoncé la disponibilité de son ministère à accompagner le secteur privé dans cette mutation, notamment à travers la construction de référentiels RSE sectoriels rattachés à la contribution déterminée du Congo au niveau national.

La matinée avait été ouverte par une intervention de Kinvi Adodo Amoussou, chargé des partenariats et du financement du développement, représentant le coordonnateur résident du Système des Nations unies au Congo. Il a resitué la démarche dans le cadre de l'objectif 8 du développement durable, consacré au travail décent. Michel Bounda, directeur général adjoint de Globaline, a prolongé cette entrée en matière en interrogeant la place du travail dans la dignité de l'homme, avant de céder la place aux travaux de l'après-midi, entre panel sur la gestion des parcours professionnels et témoignage sur le burn out.

Le secteur privé cherche sa méthode

Initiateur de Xperience Verte, Mike M'Vila n'a pas eu le temps, faute de créneau disponible dans le programme, de présenter en détail le modèle C.I.R.E.R, sa grille de lecture de la RSE en cinq piliers, allant de la compréhension du sujet jusqu'au reporting des actions menées. Mais il en a posé l'intuition de départ. « Le constat est que le sujet est très méconnu. Les gens en parlent beaucoup, mais dans le concret, on ne sait pas ce que c'est », a-t-il observé, justifiant la création du magazine par une forme de frustration personnelle. « Vous ne pouvez pas être boulanger et expliquer à un cordonnier comment on répare des chaussures », a-t-il résumé, dans une formule qui n'est pas sans rappeler l'image de la chaussure que l'on cire, centrale dans son modèle : d'un geste d'entretien individuel à une transformation durable de toute l'entreprise.

Sur le terrain, l'écho donné à cette articulation entre RSE et QVCT a trouvé un relais concret du côté des ressources humaines (RS). Un responsable RS présent dans la salle a résumé ainsi le déplacement de regard opéré par la journée. « La RSE n'est plus un concept lié seulement au climat ou à l'environnement. C'est un concept que nous, managers RH, devons intégrer dans nos plans, à travers la formation et la compétence de nos employés», a-t-il signifié. Pour ce praticien, l'homme reste, selon ses mots, « la plaque tournante de tous les outils que l'on peut mettre en place ».

Reste à transformer l'essai. Construire des référentiels RSE sectoriels, former des managers, relier formellement RSE et QVCT dans les pratiques managériales : ces engagements demandent un suivi qui dépasse largement le cadre d'une journée de forum. Le pari de Xperience Verte se jouera dans les mois qui viennent, lorsque les entreprises congolaises devront traduire ce noeud théorique en décisions concrètes.

Cette ambition s'est déclinée en plusieurs panels et ateliers. Un temps fort sur la santé mentale en entreprise, marqué par un témoignage de Regine Moukete sur le burn out, a réuni Aristide Ndjawe, directeur RH de Congo Terminal, et Blanche Ikogne, présidente de PrimROSE, sous la modération de Me Amani. Le passage de la gestion du personnel au capital humain, animé par Taoufik Zniber, et un panel sur la gestion des parcours et des compétences, avec Kiba Gatsongo Nouani, président de l'OARH, et Yvette Thyna Océane Ngaloula, directrice générale d'Intelligensia, modéré par Dupond Eboulli, ont complété ce tour d'horizon.

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