Ondjiva — Le professeur et chercheur Leonardo Tuyenikumwe a défendu lundi à Cunene la nécessité d'inclure les langues locales dans les institutions publiques afin de garantir la cohésion sociale.
Dans une déclaration à l'ANGOP, en marge de sa thèse sur le thème « La culture comme pilier du développement durable des peuples », il a affirmé qu'au niveau des administrations municipales, lors de la rédaction d'une circulaire ou de tout autre document d'utilité publique, il conviendrait de le traduire dans les langues locales, en plus de la langue officielle (le portugais).
Il est donc urgent de faciliter la communication et de promouvoir le développement linguistique des populations aux langues diverses, dont beaucoup rencontrent des difficultés de communication au sein des institutions publiques et privées.
Outre l'utilisation des langues bantoues, qui devrait être proposée dans les services hospitaliers accueillant un grand nombre de citoyens, il est également urgent de fournir des soins de santé primaires et des informations sur l'éducation aux groupes minoritaires tels que les Khoïsan.
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« L'État a la prérogative d'investir dans la politique d'inclusion et de valorisation des identités des peuples, conformément à la Constitution de la République, afin que chaque citoyen puisse jouir de ses droits fondamentaux », a-t-il souligné.
Le chercheur a fait remarquer que cette pratique permettra d'influencer l'utilisation des langues africaines dans la politique linguistique angolaise et d'assurer leur transmission aux nouvelles générations.
À l'échelle de la province de Cunene, il a indiqué que sur les 1 806 417 habitants recensés en 2024, 1 345 764 vivent en zone rurale, soit 74,5 % de la population.
Ces indicateurs, a-t-il souligné, démontrent que la plupart des locuteurs ne parlent ni ne lisent le portugais, mais les langues locales.
Il a ajouté que, parallèlement à la cohésion sociale, cette politique garantira la préservation et la protection de l'identité culturelle des peuples et favorisera l'intérêt des enfants et des jeunes pour l'apprentissage.
Leonardo Tuyenikumwe a cité l'exemple de la République de Namibie, où les services hospitaliers fournissent des informations en anglais, la langue officielle, et en oshiwambo, permettant ainsi à la population, notamment aux personnes âgées, d'accéder à l'information publique.
Il a ainsi souligné le rôle crucial des universités dans la promotion du développement durable de la culture, qui ne se limite pas à la recherche scientifique, mais englobe également la formation et la production de contenus pour les générations futures.
Il a mentionné les cours d'histoire et de sociologie, qui abordent différents aspects de la culture locale, permettant aux étudiants d'étudier l'organisation sociale des peuples et de contribuer à la préservation du patrimoine culturel.
La province de Cunene possède une mosaïque multiculturelle diversifiée, répartie entre quatre groupes principaux : les Ovambos (kwanhama, evales, kafimas), les Nhanekas Humbes (muhumbes, gambos, handas), les Hereros (muakahonas, muhimbas, mushimbas, vátuas, mundimbas), les Koisnas (khun et khwe), outre les Ngangelas.