Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) organise, les 30 juin et 1er juillet à Brazzaville, un Dialogue régional sur la gouvernance locale, les infrastructures territoriales et l'accélération des Objectifs de développement durable (ODD) en Afrique.
Les assises de Brazzaville regroupent une cinquantaine de leaders locaux et communautaires ainsi que des experts en développement territorial venus de quinze pays d'Afrique australe, de l'Est, du centre et de l'Ouest avec pour objectif de repenser la gouvernance et les infrastructures territoriales. Les participants tentent d'esquisser des solutions pragmatiques pour surmonter les défis structurels du développement territorial.
Ainsi, il est prévu des sessions interactives et d'ateliers de co-création pour, entre autres, catalyser l'innovation territoriale (cartographier et valoriser) les modèles de gouvernance locale ayant prouvé leur impact sur les ODD.
Le président du Conseil départemental et municipal de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba, dans son mot de bienvenue, a souhaité que ce dialogue puisse contribuer à renforcer cette dynamique en faveur d'un développement plus inclusif, plus résilient et plus durable aux bénéfices de la population africaine.
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« L'Agenda 2030, adopté en 2015 par l'ensemble des États membres des Nations unies, a tracé une vision ambitieuse d'un monde plus juste, plus inclusif et plus durable à travers les dix-sept objectifs du développement durable. Cependant, dix années après cette adoption, le constat demeure préoccupant », a déploré le député maire de Brazzaville.
Selon lui, le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou N'Guesso, a tracé une voie qui rejoint pleinement les ambitions de l'Agenda 2030 et les aspirations des collectivités territoriales nationales, en plaçant les infrastructures, l'aménagement du territoire, la modernisation de l'action publique, la décentralisation et le développement local au coeur des priorités du pays.
La représentante résidente du Pnud au Congo, Adama Dian Barry, quant à elle, a réaffirmé l'engagement de cette agence onusienne pour la promotion de la décentralisation et la gouvernance inclusive comme levier du développement et surtout des stratégies d'accélération à l'horizon 2030. « À moins de cinq années de l'échéance de l'agenda 2030, force est de constater que les progrès restent inégaux et, dans certains cas, insuffisants.
Les données récentes révèlent que seuls 35 % des cibles des ODD sont en bonne voie ou enregistrent des gains modestes (dont 18 % atteintes et 17 % modérément atteintes) et près de la moitié des cibles progresse trop lentement, et 18 % sont en réalité en régression », a-t-elle regretté.
Nécessité de repenser les modèles
Selon elle, les ODD ne se réaliseront pas uniquement à travers des politiques globales ou nationales. Ils se concrétisent avant tout dans les territoires, au plus près des populations, là où se jouent les dynamiques quotidiennes de développement, pour ne laisser personne de côté.
« Les collectivités territoriales, les autorités administratives, les communautés locales, les organisations de la société civile et les acteurs économiques de proximité sont aujourd'hui en première ligne. Ils sont les mieux placés pour identifier les besoins réels, adapter les solutions aux contextes spécifiques et garantir une appropriation durable des actions entreprises », a souligné la représentante résidente du Pnud.
Adama Dian Barry a également évoqué des défis qu'il faille relever pour libérer pleinement le potentiel de l'action locale. Parmi ces défis, la question du financement demeure, d'après elle, centrale, car les ressources disponibles au niveau local restent, dans de nombreux contextes, largement insuffisantes pour répondre aux besoins croissants de la population. Ainsi, pour repenser les modèles, une approche systémique s'impose.
Il s'agit notamment d'investir dans le renforcement des capacités des acteurs territoriaux, de promouvoir des mécanismes de financement adaptés aux réalités locales renforçant la mobilisation des ressources domestiques, et d'encourager des cadres de gouvernance inclusive qui associent pleinement les citoyens, les jeunes et les femmes à la prise de décision.
Ouvrant les travaux, le conseiller économique du vice-Premier ministre, chargé de la Coordination, des Infrastructures de développement et de l'Aménagement du territoire, Bernard Ganzo, a rappelé l'ambition du gouvernement de façonner un pays uni, prospère et résilient. « Au-delà du simple diagnostic, nous attendons des solutions concrètes, le partage des bonnes pratiques et des recommandations opérationnelles pour guider nos politiques publiques. Pour le gouvernement congolais, ces enjeux sont prioritaires pour accélérer la décentralisation et réussir l'équilibre territorial », a-t-il déclaré.