Ile Maurice: Paul Bérenger - «Pir ki MSM»

Les entrées à l'Assemblée nationale suivent, dans l'ordre rodé des habitudes, la Deputy Prime Minister, Arianne Navarre-Marie, à 11 h 19, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, puis la présidente de l'Assemblée nationale, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, qui signale le début de la séance. Petit accroc protocolaire au passage : la chief whip Stéphanie Anquetil, du Parti travailliste, couleur rouge, débarque vêtue de mauve ; de quoi attirer son lot de petites remarques amusées dans la salle.

11 h 43. Ashok Subron se lève pour répondre à la PNQ du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, sur la pension. Sur papier, la question ne laisse pourtant aucune place à l'improvisation, mais comme le veut la tradition, c'est dans les questions supplémentaires que la séance va vraiment commencer. Premier round, et Joe Lesjongard se cogne d'entrée au mur du règlement. Ses questions, jugées trop proches de l'opinion, «are you satisfied with the reform», sont retoquées une à une.

Mais hier, c'est de l'autre côté de l'hémicycle que viennent les répliques qui comptent, celles de Bérenger senior, à peine audibles depuis les bancs de l'opposition, mais bel et bien prononcées.

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C'est d'abord Ashok Subron qui ouvre les hostilités sur un ton qui nous rappelle les années 2020 : «Si mo bizin demann twa permision», lance-t-il, sec et frontal. La phrase suffit à faire rire, de concert, Paul Bérenger et sa fille, Joanna, de l'autre côté de l'Hémicycle. Tout le monde parle, tout le monde commente. Shakeel Mohamed, en grand habitué des Standing Orders, souffle tout du long au ministre ce qu'il peut répondre ou non, avant de lancer à travers la salle, à l'adresse de Lesjongard, «stop jumping the gun»...

Vient ensuite un nouveau face-à-face entre Lesjongard et Subron. C'est là que Paul Bérenger, après un «aye aye aye» bien senti, lâche à l'endroit du ministre : «Pir ki MSM.» Un peu plus tard, nouvel échange tendu entre les deux hommes. Subron coupe court d'un sec : «Sa mo zafer, mwa mo deside ki mo pou fer.» La speaker n'échappe pas non plus à la mêlée.

Lors d'un échange avec le député de l'opposition Adrien Duval, lui-même ancien speaker de l'Assemblée, Shirin Aumeeruddy-Cziffra réplique : «Even if I don't do it as well as you would.» La pique ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Depuis les bancs de l'opposition, Paul Bérenger lâche aussitôt : «Ki kaliter komanter sa foutour.»

La séance touche à sa fin. Ashok Subron, en guise de dernier mot sur la réforme des pensions, conclut : «I don't have blood on my hands.»

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