Statistics Mauritius a publié hier son rapport trimestriel d'indicateurs économiques et sociaux. En voici les points saillants.
Le nombre de chômeurs passe de 35 200 à 33 300
Le taux de chômage est passé de 6% à 5,7% par rapport au premier trimestre 2025, selon les derniers indicateurs économiques et sociaux publiés. Le nombre de chômeurs a reculé de 35 200 à 33 300, avec une baisse de 15 000 à 14 300 chez les hommes et de 20 200 à 19 000 chez les femmes.
Le taux de chômage chez les hommes est passé de 4,5% à 4,3%, et chez les femmes de 8,0% à 7,5%. Le chômage des jeunes de 16 à 24 ans a également diminué, passant de 12 300 à 12 100. Chez les hommes, il est passé de 17,9 % à 16,8 %, tandis que chez les femmes, il a légèrement augmenté, passant de 22,0 % à 22,2 %. L'emploi a progressé de 547 600 à 553 700 personnes sur la période.
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L'emploi et les échanges commerciaux sur le reculoir
Les «Indicateurs Économiques et Sociaux» présentent les résultats de l'enquête trimestrielle sur l'emploi dans les Entreprises orientées vers l'exportation (EOE) pour le premier trimestre 2026, ainsi que des données provisoires sur les exportations et importations.
Au cours de ce trimestre, l'emploi dans le secteur a diminué de 572 postes (-2,0 %), passant de 28 224 à 27 652 par rapport au quatrième trimestre 2025. Cette baisse reflète la perte de 801 emplois, partiellement compensée par la création de 229 emplois. Sur une base annuelle, de mars 2025 à mars 2026, l'emploi total a chuté de 2 453 postes (-8,1 %), les pertes touchant principalement les secteurs des vêtements et des produits alimentaires.
En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations des EOE ont atteint Rs 9,277 millions, en baisse de 14,6 % par rapport au trimestre précédent, mais en légère hausse de 0,5 % par rapport au premier trimestre 2025. Les principaux marchés étaient le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, les États-Unis, l'Espagne et la France, représentant ensemble 66,9 % des exportations.
Les importations s'élevaient à Rs 5,236 millions, en recul de 6,9 % par rapport au trimestre précédent, en raison de la baisse des importations de matières premières et de machines. Les exportations nettes ont atteint Rs 4,041 millions, avec un ratio de 43,6 % par rapport au total des exportations. Globalement, le secteur des EOE connaît une contraction de l'emploi accompagnée d'une diminution des échanges commerciaux par rapport au trimestre précédent, mais une relative stabilité sur le plan annuel.
4 913 délits liés à la drogue en 2025
Les infractions liées aux stupéfiants ont progressé de 12,3 % en un an. En 2025, la police a enregistré 4 913 délits liés à la drogue, contre 4 373 en 2024. Le taux est ainsi passé de 3,5 à 4 infractions pour 1 000 habitants.
Le cannabis demeure la substance la plus présente dans les affaires recensées, représentant 41,9 % des infractions. Les drogues synthétiques arrivent en 2e position avec 28,1 %, devant l'héroïne (10,2 %). Les autres substances, dont la cocaïne, la méthamphétamine et le haschisch, représentent ensemble 18 % des cas. La valeur des drogues saisies en 2025 est estimée à Rs 9,33 milliards, un chiffre largement porté par une cargaison de 433 kilos de cocaïne, évaluée à Rs 6,6 milliards, interceptée en haute mer alors qu'elle n'était pas destinée à Maurice.
Dans le même temps, 40 790 plants de cannabis ont été déracinés par l'Anti Drug Smuggling Unit. Le tableau de la criminalité demeure contrasté. Si les vols ont chuté de 11,5 %, les cambriolages de 22,8 % et les homicides volontaires de 35 à 33, les violences sexuelles ont bondi de 14,1 % et les agressions de 5,9 %.
La croissance du PIB ralentit à 2 %
Le produit intérieur brut (PIB) aux prix du marché s'est établi à Rs 180 714 millions au premier trimestre 2026, contre Rs 169 252 millions un an plus tôt, soit une progression de 2 %, contre 3,4 % au premier trimestre 2025. La Gross Value Added (GVA) aux prix de base courants a, elle, atteint Rs 154 261 millions, contre Rs 144 764 millions sur la même période.
En données désaisonnalisées, la GVA s'est contractée de 0,2 % d'un trimestre à l'autre, après une hausse de 1,6 % au trimestre précédent. La croissance de 2 % observée au premier trimestre a surtout été soutenue par trois secteurs. Les services financiers et d'assurance y ont contribué à hauteur de 0,5 point, l'hébergement et la restauration à 0,4 point, et l'agriculture à 0,2 point. Autrement dit, ces trois secteurs expliquent à eux seuls 1,1 point de la croissance globale.
À l'inverse, le secteur de la construction a enregistré un recul de 4,3 %, après une croissance de 1 % au trimestre précédent. Du côté de la demande, la consommation finale a représenté 80 % du PIB, avec une hausse de 0,5 % de la consommation des ménages. Les exportations de biens et services ont bondi de 13,1 %, contre 8,4 % au trimestre précédent.
L'investissement privé continue de reculer en 2026
La croissance économique devrait encore ralentir cette année, tandis que l'investissement privé entame sa deuxième année consécutive de contraction, selon les dernières National Accounts Estimates. Le PIB devrait progresser de 3 % en 2026, contre 3,2 % en 2025 et 4,9 % en 2024. Le Gross Fixed Capital Formation, qui mesure l'investissement total, devrait rester stable après une contraction de 3,1 % l'an dernier.
Cette stabilité masque toutefois des trajectoires opposées : l'investissement privé devrait reculer de 1,2 %, tandis que l'investissement public progresserait de 6 %, après une baisse de 4,4 % en 2025. Le taux d'investissement global s'établirait à 19,2 % du PIB, contre 19,7 % en 2025. La part du privé dans l'investissement total reculerait à 81,4 %, contre 82,4 % l'année précédente, au profit du public, qui passerait de 17,6 % à 18,6 %.
Côté production, l'agriculture, la foresterie et la pêche afficheraient une croissance de 4,5 %, en net ralentissement après les 8,6 % de 2025, la production sucrière restant stable à 225 000 tonnes. L'industrie manufacturière progresserait de 2,1 %, contre 1,4 % l'an dernier, portée notamment par la sucrerie (+3,9 %). La construction resterait en recul (-0,8 %), malgré les investissements publics dans les routes, le logement social et le réservoir de Rivière-des-Anguilles.
Le tourisme et les services financiers afficheraient respectivement des croissances de 2,2 % et 4,8 %, tandis que les arrivées touristiques sont estimées à 1,47 million pour l'année.