Il y a à peine un mois, leurs maisons étaient réduites en gravats sous les bulldozers. Aujourd'hui, alors que Jacques Brou, un particulier, accusé d'avoir orchestré ces destructions vient d'être placé sous mandat de dépôt, les habitants du quartier Campement de Koumassi - une des treize communes d'Abidjan - attendent toujours de reconstruire leur vie. De nombreuses familles sont encore sans logement. Reportage.
À l'école primaire BAD, des salles de classes sont transformées en dortoirs. Les tables-bancs ont laissé place à des nattes et à quelques effets personnels. Depuis la destruction de leurs habitations, plusieurs familles y ont trouvé refuge. Assise dans un coin, Florence ne cache pas son désarroi : « Ici, nous sommes avec des femmes enceintes, les enfants sont là quand il pleut comme ça, l'eau verse sur nous. Sincèrement dit, ce n'est pas facile. Bientôt c'est la rentrée, on nous a donné quelques jours pour pouvoir quitter les lieux, on est fatigué d'être ici. »
« Nous allons faire comment ? »
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Dans ce centre d'hébergement de fortune, le placement sous mandat de dépôt de l'instigateur présumé de la démolition est accueilli avec un mélange de soulagement et d'attente. Pour Adèle, l'une des sinistrées, cette décision ne changera leur quotidien que si elle s'accompagne d'une réparation concrète : « C'est déjà fait. Nous allons faire comment ? Il a déjà cassé les maisons. On a pas de dortoir. Ils n'ont qu'à donner une caution à chaque famille. Ceux qui peuvent aller au village vont partir. »
« Trouver une solution »
Au-delà des familles hébergées dans cette école, le collectif des victimes estime à plus de 3 000 le nombre de ménages affectés par ces démolitions. Son porte-parole, Mouhamed Sawadogo, alerte sur la dégradation des conditions de vie et appelle les autorités à agir : « Il y a des risques de maladies. Les gens sont entassés, les latrines ne fonctionnent pas. Il faut que, vraiment, on essaye de trouver une solution rapidement à ce problème-là pour soulager toutes ces familles-là ». Selon le ministère ivoirien de la Solidarité, 400 foyers ont reçu chacun une assistance de 250 000 francs CFA, ainsi que des vivres.