Son premier film, Yomeddine, avait participé, en 2018, au Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Le nouveau sort ce mercredi 1er juillet en salles en France après avoir été présenté dans plusieurs festivals, et couronné par le Tanit d'or à Carthage en décembre 2025. Un film qui raconte aux spectateurs des bribes de l'histoire moderne d'Égypte.
L'action se déroule entre 1967, l'année de la Nakba, la défaite, et les années 1990. Abu Bakr Shawky, né d'une mère autrichienne et d'un père égyptien, cherche d'abord à raconter l'histoire de la rencontre de ses parents. Mais le récit s'élargit dans une structure mêlant le personnel et le familial à l'histoire générale, le réel à la fantaisie et la réalité à l'imaginaire.
« Je pense que j'étais intéressé par cette période de l'histoire d'Égypte, déclare le cinéaste au micro de Houda Ibrahim, du service Afrique, car elle a été une période charnière qui a connu des grands changements, des guerres et des perturbations majeures. Je voulais voir comment la famille égyptienne a vécu cette période, une famille qui appartenait à la classe moyenne et qui est entravée à chaque fois qu'elle essaye d'avancer. »
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Ces Chroniques du Caire sont racontées en cinq chapitres, chacun avec un début, un milieu et une fin, un ton et une couleur différents. Tout cela se déroule dans une ambiance agitée et mouvementée, à l'extérieur comme à l'intérieur de la maison familiale, où la radio, la télévision et les matchs de foot rythment l'action. La grande Histoire défile en arrière-plan.
Abu Bakr Shawky filme avec sensibilité et tendresse ses personnages comme Ahamd, un jeune pianiste de la famille qui se rêve en grand musicien, mais qui s'aperçoit au fil du temps qu'il doit se contenter de ses petites victoires alors qu'autour de lui, le pays se dégrade douloureusement.