Aux Comores, une journée sans recharge est organisée ce mercredi 1er juillet pour notamment dénoncer le coût jugé excessif de l'internet mobile. À l'appel du journaliste Oubeidillah Mchangama et de l'Association comorienne des technologies de l'information et de la communication (Actic), les consommateurs sont invités à suspendre pendant vingt-quatre heures l'achat de crédit chez les deux opérateurs du pays.
Une journée sans recharge pour dénoncer le coût jugé excessif de l'internet mobile, alors que l'opérateur Yas vient de lancer une première offre illimitée à hauteur de 50 euros le mois, après les annonces du gouvernement visant à élargir l'accès aux données mobiles.
Hamidou Mhoma, président de l'Actic, appelle les consommateurs à suspendre l'achat de crédit chez Yas et Huri. « C'est une grève du porte-monnaie, explique-t-il. Nous voulons une baisse de cette data, une amélioration de la qualité des services et une transparence dans l'usage de la data qui s'évapore à la vitesse de la lumière. Les opérateurs, bien entendu, ont proposé des offres illimitées. Ils ont même lancé des campagnes de séduction vis-à-vis des consommateurs, mais les offres illimitées proposées, c'est de la poudre aux yeux, c'est du mépris. »
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« Ils sont complètement hors sol »
La mobilisation trouve un écho auprès de nombreux usagers, confrontés à des dépenses devenues difficiles à supporter. Faïza fait partie des Comoriens qui comptent suivre le mouvement de boycott. « Internet aujourd'hui est un besoin qui est presque vital, rappelle-t-elle. Sans data, je ne peux pas travailler. J'ai commencé avec un [opérateur], j'ai fini avec l'autre, mais ils sont complètement hors sol. Quel Comorien peut se payer 50 euros d'offre illimitée ? »
Cinquante euros représentent environ la moitié du salaire mensuel moyen aux Comores. Interrogé par RFI, Yas assure appliquer les prix planchers fixés par le régulateur depuis 2021. L'opérateur annonce que d'autres offres internet illimitées, destinées à un public plus large, sont en attente de validation par l'Autorité nationale de régulation des TIC, qui n'a pas donné suite à nos sollicitations.