Cameroun: Crise post-électorale - Trois mineurs toujours détenus à Douala

Il en reste trois à la prison de New Bell à Douala au Cameroun. Trois mineurs, adolescents, détenus depuis huit mois après avoir été arrêtés dans leurs quartiers, lors des manifestations de protestation qui ont éclaté dans plusieurs villes du pays à l'approche de la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle d'octobre.

Les trois adolescents ont été présentés devant un juge du tribunal de première instance de Bonanjo. Aucune charge n'a été retenue contre eux. Ils peuvent sortir, en théorie, mais une caution de 100 000 francs CFA, l'équivalent 150 euros, et deux garants sont exigés. L'un d'eux, âgé de 16 ans, a contracté la tuberculose en prison. Philippe Nanga, coordonnateur de l'organisation Un Monde Avenir appelle le juge à les libérer sans attendre.

« Il y a un jeune particulièrement qui est très souffrant, alerte-t-il au micro d'Amélie Tulet, du service Afrique. Et il n'a personne, aucun contact, parce qu'il est arrivé à Douala il y a deux ans en partant de la région du Nord-Ouest où il y a une crise sociale depuis dix ans. Donc en arrivant à Douala il ne connaissait personne, il se débrouillait [en travaillant] dans un garage. Le juge exige 100 000 francs CFA [de caution] et deux garants pour un jeune qui ne connaît personne à Douala et qui n'a pas de famille ! »

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« Ils ont besoin de prise en charge psychologique »

« Il y en a un autre qui a de la famille, poursuit Philippe Nanga, mais sa famille est totalement démunie. Ils ont pu se cotiser pour trouver 50 000 francs CFA, mais ils n'arrivent pas à trouver plus. Donc nous exigeons non seulement qu'ils sortent de prison, mais qu'ils soient pris en charge ! Parce qu'aujourd'hui, ils ont besoin de prise en charge psychologique pour rattraper ce qu'ils ont subi depuis sept ou huit mois en prison. »

Selon une autre organisation de la société civile qui assiste les détenus, il y avait au moins 130 mineurs arrêtés lors de cette séquence de la crise post-électorale. Âgés de 13 à 17 ans, ils ont été répartis dans les prisons de New Bell et Ngoma à Douala. Il s'agit majoritairement de garçons, avec deux filles seulement sur les 130 que cette ONG a aidés, dont beaucoup d'élèves. Il reste peut-être des mineurs que cette ONG n'a pas rencontrés, donc pas comptabilisés. Présentés devant deux autres parquets, les tribunaux de première instance de Bonaberi et de Ndokoti, certains mineurs ont pu être libérés sans avoir à payer de caution.

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