Ce groupe ivoirien a encore payé pour apprendre, en 16es de finale de la Coupe du monde contre la Norvège. Une défaite 2-1 amère, car les Éléphants avaient largement les moyens pour aller chercher un 8e de finale de rêve contre le Brésil. La maturité fait encore défaut au groupe d'Émerse Faé, même si la progression est visible.
Pour la Côte d'Ivoire, les éliminations se suivent, ne se ressemblent pas vraiment, mais ont un peu le même arrière-goût. Cette impression d'avoir raté quelque chose, qu'il y avait de la place pour aller chercher une victoire plutôt qu'un retour à la maison plus tôt qu'espéré, voire plus tôt que mérité. Ça a été le cas à Dallas, contre la Norvège, en 16e de finale de la Coupe du monde, comme cinq mois plus tôt, en quarts de finale de la CAN contre l'Égypte.
Dans un tout autre registre, certes. Au Maroc, les Ivoiriens avaient subi la fourberie des Pharaons, capables de gratter des fautes, mettre la pression sur l'arbitre et surtout exploiter la moindre erreur adverse. « Je pense que ce qui nous a fait mal, ce sont ces erreurs à des moments charnière. Vous savez qu'ils aiment les cadeaux, dès que vous leur faites un cadeau, ils punissent », avait lâché Émerse Faé, amer, après la défaite 3-2 à l'époque. « On les connaît. Depuis la nuit des temps, l'Égypte ça a toujours été comme ça, pleurnicher, simuler... Ils ont l'expérience », avait-il insisté.
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Scénario différent contre la Norvège, plus connue pour la létalité de son attaquant Erling Haaland que sa capacité à rentrer dans la tête de ses adversaires, même résultat. Car les Éléphants ont globalement dominé la rencontre. Mais faute d'être efficace, ou de parvenir à se procurer beaucoup d'occasions malgré la maîtrise du jeu, ils ont longtemps insisté et dépensé beaucoup d'énergie pour aller chercher le but du 1-1, après avoir concédé l'ouverture du score dans un temps fort. Les coéquipiers de Yan Diomandé ont ensuite subi le contrecoup. Après l'égalisation, ils ont connu quelques minutes de relâchement et Haaland a surgi de sa boîte.
Une erreur payée très cher
Une grosse erreur défensive a permis au buteur de Manchester City d'offrir la qualification à sa sélection. « On a peut-être manqué d'un peu de maturité, surtout après l'égalisation, a confessé le sélectionneur ivoirien. Peut-être qu'à la fin, il fallait essayer de tenir et d'aller jusqu'aux prolongations. » Avec dans le 11 de départ des hommes comme Guéla Doué (23 ans), Christ Inao Oulaï (20 ans), Yan Diomandé (19 ans), Ange-Yoan Bonny (22 ans), l'équipe repose sur de nombreux jeunes éléments.
Même si l'âge ne devrait pas tant représenter un souci, car cette équipe est rodée aux sommets internationaux. Fofana, Sangaré, Kessié, Fofana, Diakité, Kossounou, Konan... de nombreux joueurs étaient de l'aventure de la CAN remportée à la maison en 2023. Et presque tous les autres étaient là pour l'édition au Maroc et ont joué ensemble les éliminatoires pour ce Mondial.
Pourtant, la gestion des temps forts et des temps faibles, indispensable pour évoluer au très haut niveau mondial, a fait défaut. « Quand vous n'êtes pas capables de marquer, il faut savoir rester solides défensivement et ne pas laisser la moindre petite opportunité », a glissé Faé. Contre l'Allemagne, en phase de groupes, c'était la même histoire. Les Ivoiriens ont largement bousculé la Mannschaft, sans parvenir à faire le break en seconde période, avant de s'essouffler et exploser après les changements allemands et l'entrée d'Undav, auteur d'un doublé en toute fin de match. Difficile de dire ce qu'il manque encore à cette équipe pour passer ce cap qui pourrait l'emmener beaucoup plus loin. Plus d'expérience, encore ?
« Je pense qu'on a beaucoup grandi grâce à cette compétition »
Le plafond de verre des phases de groupes, que les Éléphants n'avaient encore jamais brisé dans leur histoire, a été dépassé, certes. Mais on sent bien que ce groupe en avait encore un peu plus dans les jambes. Ce n'est pas Amad Diallo qui va dire le contraire : « On est fiers de ce qu'on a accompli, mais c'est une déception parce qu'on savait qu'on avait les qualités pour aller loin. On avait des joueurs capables de faire la différence à tout moment. On savait qu'on pouvait faire un grand parcours », a regretté le buteur du soir.
« Je pense qu'on a beaucoup grandi grâce à cette compétition, c'est la première Coupe du monde pour ces joueurs », a tout de même rappelé le sélectionneur. Il est vrai que pour la prochaine CAN, ce groupe aura encore pris un peu de maturité, sans que les cadres soient trop vieillissants. Pour le prochain Mondial, ce sera une autre histoire. La sélection sera dans les mains de la ribambelle de jeunes joueurs cités un peu plus haut. Reste à savoir s'ils auront appris de ces échecs et s'ils se souviendront des quelques larmes versées le mardi 30 juin, sur la pelouse du AT&T Stadium de Dallas.