Le Groupe d'experts des Nations unies sur la RDC consacre une partie de son rapport à l'AFC/M23. Les enquêteurs y avancent une estimation de ses effectifs. Ils détaillent les objectifs politiques que le mouvement revendique, selon eux. Le rapport revient également sur son association croissante avec l'ancien président Joseph Kabila. Il évoque enfin une possible restructuration du mouvement, évoquée par plusieurs sources citées par les experts.
Selon le rapport du Groupe d'experts de l'ONU, la force de combat de l'AFC/M23 s'élèverait à environ 30 000 combattants.
Ce total, précisent les experts, est composé du noyau historique du mouvement, issu de l'ex-CNDP et de la première rébellion M23 de 2012, des recrues mobilisées depuis 2021 dans la diaspora et les camps de réfugiés au Rwanda, ainsi que de plusieurs milliers d'anciens membres des Forces armées congolaises (FARDC), policiers congolais et combattants Wazalendo. Selon le rapport, ces derniers ont pu être capturés ou s'être ralliés au groupe après la chute de Goma.
Au moins 14 000 soldats rwandais déployés dans l'est de la RDC
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Le rapport de l'ONU évalue, prudemment selon ses propres termes, les effectifs rwandais fin décembre 2025 à 8 000-10 000 soldats au Sud-Kivu, et à 6 000-8 000 au Nord-Kivu. Les mouvements observés depuis relèveraient de rotations, non d'un retrait.
Le rapport nomme les officiers responsables : le général Vincent Nyakarundi, chef d'état-major de l'armée de terre rwandaise, sanctionné par Washington en mars 2026, superviserait les opérations. Sur le terrain, les généraux Eugene Nkubito et Vincent Gatama commanderaient les divisions déployées au Nord et au Sud-Kivu, appuyées par les forces spéciales du général Stanislas Gashugi. Ces commandants resteraient basés au Rwanda.
Au sommet, le rapport cite l'ancien général James Kabarebe, conseiller défense de Paul Kagame, chargé de coordonner avec l'AFC/M23 et Joseph Kabila. Kigali, sollicité en avril, n'avait pas répondu à la date de rédaction du rapport.
Le rapport pointe aussi les FARDC, deuxième auteur de violations documentées en 2025 selon l'ONU, avec 789 cas, derrière l'AFC/M23. Les experts documentent des livraisons d'armes aux Wazalendo, en violation de l'embargo onusien, et une collaboration de fait avec les FDLR, groupe sanctionné que Kinshasa s'était engagé à neutraliser.
Une restructuration en préparation, notamment en se rapprochant de Joseph Kabila
Sur le plan politique, le mouvement revendiquerait, selon les enquêteurs, la création d'une « République fédérale du Congo », dont il entendrait constituer et diriger la future armée, plutôt que d'intégrer ses combattants aux FARDC. Un objectif plus limité, selon la même source, consisterait en l'établissement d'une région autonome dans l'est du pays.
Le rapport relève également une association croissante entre l'AFC/M23 et l'ancien président Joseph Kabila, qui se rendrait en zone contrôlée par le mouvement depuis mai 2025 et y rencontrerait sa direction. En septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise l'a condamné à mort par contumace, pour trahison et organisation d'une insurrection.
Selon plusieurs sources recoupées par le groupe d'experts, une restructuration complète du mouvement, incluant un changement de nom, serait en préparation.