Cote d'Ivoire: Égalité des chances - Le pays se dote d'une feuille de route pour promouvoir la masculinité positive

Une nouvelle étape en faveur de l'égalité des chances vient d'être franchie avec le lancement de l'Enquête nationale sur les normes de masculinité.

La Côte d'Ivoire consolide son leadership régional en matière de promotion de l'égalité des chances en enrichissant ses politiques publiques d'un nouvel instrument d'aide à la décision. À travers la Chaire Unesco « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (Cuefpod) et ses partenaires, le pays a procédé, le 30 juin 2026, à l'Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, au lancement officiel de l'Enquête nationale sur les normes de masculinité (Emasci), première étude de ce type réalisée à l'échelle nationale.

Présenté par Carolin Beck, analyste genre à l'Ocde, le rapport dresse un état des lieux inédit des normes sociales qui influencent les rapports entre les femmes et les hommes. L'étude, conduite avec l'Agence nationale de la statistique (ANStat), révèle un indice moyen de masculinité restrictive de 57 sur 100, avec des disparités selon les régions.

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Les résultats montrent notamment que 96 % des personnes interrogées considèrent que le rôle principal de l'homme est d'assurer les besoins financiers du foyer, tandis que 84 % estiment qu'il doit être le principal décideur au sein du ménage. Plus de 90 % des répondants déclarent par ailleurs qu'un homme ressentirait du stress s'il ne pouvait pas subvenir aux besoins de sa famille. Autant de données qui mettent en évidence l'impact des normes sociales sur l'autonomisation des femmes, mais aussi sur le bien-être des hommes.

Représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfant, Moussa Diarrassouba, directeur de cabinet, a salué un rapport appelé à orienter durablement l'action publique. Pour lui, « ce que l'on connaît, on peut commencer à le transformer ». Il a estimé que cette enquête éclaire une dimension longtemps négligée de l'égalité des chances, rappelant que « les freins à l'égalité ne tiennent pas seulement à la place que l'on fait aux femmes, mais aussi à ce que l'on attend des hommes ».

Insistant sur la nécessité de traduire ces résultats en politiques concrètes, il a affirmé que « l'égalité n'est pas une perte, parce qu'un homme qui partage, qui écoute et qui accompagne est un homme plus libre ».

Titulaire de la Chaire Unesco, Euphrasie Kouassi Yao a replacé cette initiative dans la dynamique des performances enregistrées par la Côte d'Ivoire, aujourd'hui reconnue comme championne africaine de l'égalité des chances. Fruit de plus de vingt ans de recherches et d'innovations, cette étude confirme, selon elle, la pertinence d'une approche associant femmes et hommes. « Nous devons passer d'une logique centrée sur la marginalisation des hommes à une logique de transformation des relations où femmes et hommes deviennent ensemble des acteurs du changement », a-t-elle déclaré.

Saluant le leadership du Président Alassane Ouattara, l'engagement du gouvernement ainsi que l'action de la Première dame Dominique Ouattara, elle a estimé que ce nouvel outil permettra de concevoir des politiques publiques fondées sur des preuves scientifiques. Avant de lancer un appel : « N'ayons pas peur de changer de paradigme », afin de promouvoir une masculinité positive au service d'une société plus inclusive.

Prenant la parole au nom de l'Organisation de coopération et de développement économiques, Hyeshin Park a souligné le caractère pionnier de la Côte d'Ivoire, premier pays à disposer de données nationales représentatives sur les normes de masculinité et du tout premier indice de masculinité de l'organisation.

Selon elle, cette avancée marque le début d'une nouvelle étape destinée à nourrir le dialogue, renforcer les politiques publiques et bâtir « une société plus juste, plus inclusive et plus prospère pour toutes et tous ».

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