La rencontre de travail des Présidents des parlements de la Confédération de l'alliance des États du Sahel (AES) tenue à Ouagadougou, les 29 et 30 juin 2026, marque une nouvelle étape dans le processus de construction institutionnelle de la Confédération.
Cette réunion, disons-le, traduit une volonté politique de doter l'Alliance d'un véritable pilier capable d'accompagner les décisions des chefs d'Etat. Depuis la création de l'AES, les trois Etats membres, le Burkina, le Mali et le Niger, ont multiplié les initiatives visant à bâtir une organisation durable.
Après les volets sécuritaire, diplomatique et économique, l'heure est désormais à la consolidation des institutions. En ce sens, la mise en place des sessions confédérales des Parlements apparaît comme une évolution logique. Une confédération ne peut, en effet, se reposer uniquement sur les exécutifs. Elle doit également disposer d'une instance représentant les peuples afin de renforcer la légitimité des décisions communes.
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Le communiqué final de Ouagadougou montre à suffisance que les responsables parlementaires sont conscients des défis qui restent à relever. Ils reconnaissent la nécessité d'accélérer les activités prévues, d'harmoniser les procédures nationales et de finaliser les dispositions administratives, juridiques et techniques avant la tenue de la session inaugurale. Cette lucidité est un signe encourageant.
Elle montre que les obstacles ne sont pas ignorés et que les autorités cherchent à éviter une institution créée sur le papier mais incapable de fonctionner efficacement. L'autre enseignement majeur de cette rencontre est la volonté affichée d'harmoniser progressivement les législations nationales et de renforcer le contrôle des politiques confédérales.
Cette orientation est essentielle. Une intégration régionale ne peut prospérer durablement sans une certaine convergence des cadres juridiques. Les défis communs (sécurité, libre circulation, développement économique ou infrastructures) nécessitent des réponses coordonnées. Le futur Parlement confédéral pourrait ainsi devenir un espace de dialogue, de proposition et de contrôle, capable de rapprocher les systèmes juridiques des trois pays.
En plus de cela, la motion de soutien adoptée en faveur du Burkina Faso, en réaction à la résolution du Parlement européen sur les droits humains, révèle également une autre dimension de cette rencontre : celle d'une solidarité politique assumée entre les Etats membres. Ce geste traduit la volonté de parler d'une seule voix face aux partenaires extérieurs.
Qu'on partage ou non cette posture, elle illustre une cohésion politique qui constitue l'un des fondements de toute construction confédérale. Il convient néanmoins de rappeler qu'une institution tire sa crédibilité dans ses réalisations. C'est ce que les citoyens du Burkina Faso, du Mali et du Niger attendent : une meilleure coordination des politiques publiques, une circulation facilitée des personnes et des biens, des réponses efficaces aux défis sécuritaires et des retombées économiques perceptibles.
Le Parlement confédéral devra donc démontrer son utilité en produisant des textes pertinents et en assurant un suivi rigoureux des décisions prises au niveau des chefs d'Etat. Autant dire que la rencontre de Ouagadougou constitue ainsi un signal positif pour l'avenir de l'AES. Elle confirme que la Confédération poursuit sa structuration avec méthode et ambition.
Mais cette dynamique devra désormais être soutenue par des actions visibles et mesurables. La réussite de l'intégration sahélienne ne dépendra pas uniquement de la création de nouvelles institutions ; elle reposera surtout sur leur capacité à améliorer concrètement la vie des populations. C'est à cette condition que le futur Parlement de l'AES pourra devenir le véritable visage démocratique de la Confédération et l'un des moteurs de son développement.