Les auteurs du document sont parvenus à cette conclusion après avoir constaté de nombreuses incohérences et anomalies dans les niveaux de production et d'exportation annoncés pour 2025 aussi bien à Kampala que dans la province du nord-est de la RDC.
De l'or de la province congolaise d'Ituri introduit clandestinement en Ouganda : telle est l'une des conclusions d'un rapport rendu début juin par des experts de l'ONU sur la situation dans l'est de la RDC.
Pour l'étayer, le document relève notamment une incohérence : alors que l'Ouganda a annoncé pour l'an dernier des exportations d'or records - environ 62 tonnes -, le pays n'a, dans le même temps, pas déclaré une production à ce niveau... Pour ses auteurs, une partie de cet or prétendument ougandais proviendrait donc en fait des mines de l'Ituri voisine où - autre anomalie - les exportations du minerais n'ont, là, officiellement atteint que 559 kilos en 2025 alors que la production réelle se compte en tonnes.
Autour de Mabanga, de Nizi et le long de la rivière Shari, la multiplication des sites semi-mécanisés sur les gisements aurifères a en effet permis des records de productions, ce qui accrédite la thèse d'une forte augmentation de la contrebande vers l'Ouganda.
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Les mineurs artisanaux sont eux soumis à des taxes imposées par des groupes armés, qui utilisent ensuite ces revenus pour financer leurs activités, notamment l'achat d'armes.
Le rapport insiste enfin sur l'essor dans la région de la lixiviation au cyanure des résidus d'or artisanal, une pratique très dangereuse pour la santé et l'environnement, par ailleurs illégale en RDC lorsqu'elle est menée sans autorisation. À Djugu, deux grandes installations de lixiviation au cyanure auraient ainsi produit entre une et deux tonnes d'or depuis 2023.