Ile Maurice: Une étude britannique laisse entrevoir un équilibre financier possible

Au-delà des coûts de construction et d'exploitation, le Metro Express génère des retombées économiques, sociales et environnementales considérables pour Maurice.

C'est le principal enseignement d'un rapport présenté hier lors d'une réunion virtuelle entre le ministère du Transport terrestre, Metro Express Ltd (MEL) et Crossrail International, organisme public relevant du ministère britannique des Transports. L'étude chiffre à près de Rs 1,7 milliard par an les bénéfices monétisés produits par le réseau ferroviaire.

Pour les experts britanniques, il est temps de changer de perspective. «La question ne doit plus être combien coûte le Metro Express, mais quel retour sur investissement il procure au pays», ontils expliqué. Leur analyse, réalisée à partir des données disponibles de Metro Express Ltd, conclut que le réseau génère Rs 1,665 milliard de bénéfices annuels qui ne figurent pas dans les comptes financiers classiques.

Sources des rentrées d'argent

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Sans surprise, la principale retombée provient des gains réalisés grâce aux usagers qui paient pour leurs déplacements quotidiens, professionnels et de loisirs, estimés à Rs 1,43 milliard par an. À cela s'ajoutent Rs 207 millions liés à la réduction des embouteillages et à une meilleure gestion de la demande en transport ; Rs 27 millions, correspondant à la diminution des émissions de carbone ; et Rs 13 millions grâce aux accidents de la route évités.

Les consultants de Crossrail International estiment que les résultats obtenus correspondent au profil observé dans des projets similaires au Royaume-Uni et permettent d'apprécier plus justement la valeur créée par cette infrastructure.

Le rapport met également en lumière les effets du Metro Express sur l'économie locale. L'entreprise compte aujourd'hui 450 fournisseurs enregistrés et soutient directement les activités de 180 travailleurs employés par des sous-traitants. Selon les calculs des experts, chaque emploi maintenu dans cette chaîne de valeur représente un apport annuel de Rs 406 960 pour la société mauricienne. Les auteurs soulignent également les opportunités offertes aux petites et moyennes entreprises grâce aux contrats attribués par Metro Express depuis le lancement de ses opérations.

Vigilance de gestion

Lors de son point de presse, Osman Mahomed a toutefois rappelé que ces bénéfices ne doivent pas occulter les défis financiers auxquels l'entreprise est confrontée. Pour l'exercice 2026-2027, les dépenses atteindront Rs 1,64 milliard, incluant le remboursement des emprunts, les coûts d'exploitation et le programme de rénovation des rames. Le service de la dette représente à lui seul Rs 1,18 milliard cette année et devrait passer à Rs 1,4 milliard lors du prochain exercice financier.

Le ministre affirme néanmoins que plusieurs mesures de gestion commencent à produire leurs effets. Entre juin 2024 et juin2025, les dépenses de fonctionnement ont reculé de 10,4 %. Cette baisse résulte notamment du regroupement des bureaux administratifs au siège de Metro Express, de la renégociation de certains contrats de maintenance et d'un contrôle plus rigoureux des dépenses. Un seul contrat renégocié a permis d'économiser Rs 43 millions sur trois ans.

Osman Mahomed a également indiqué que l'amélioration de la gestion des espaces publicitaires a permis de récupérer Rs 74 millions de revenus supplémentaires. En parallèle, davantage de rames circulent désormais aux heures de pointe afin d'améliorer la qualité du service offert aux 35 000 à 36 000 usagers quotidiens, un chiffre que le ministre juge plus conforme à la fréquentation réelle du réseau.

Reste l'épineux problème des actes de vandalisme et les vols visant les infrastructures ferroviaires. Le ministre a révélé que le vol d'un équipement valant parfois entre Rs 900 et Rs 2000 peut occasionner jusqu'à Rs 400 000 de dommages. Il a rappelé que certains câbles du Metro Express sont alimentés sous une tension de 630 volts, mettant en garde contre les risques mortels encourus par les auteurs de ces actes.

Plan de transformation

Le ministre a également évoqué son souhait de voir la mise en place d'une liaison directe du Metro Express entre Curepipe et Réduit. Selon lui, cette desserte faciliterait la mobilité des nombreux travailleurs se rendant vers le pôle d'affaires d'Ébène et la région de Réduit. Il a toutefois précisé que ce projet demeure une décision qui relève du gouvernement et dépendra des orientations qui seront arrêtées en matière de transport public.

Enfin, Osman Mahomed a confirmé que Metro Express Ltd travaille actuellement sur un plan stratégique de transformation sur cinq ans, destiné à renforcer la viabilité financière de l'entreprise, améliorer ses performances opérationnelles et consolider sa contribution à la transition vers une mobilité plus durable. Les discussions techniques avec Crossrail International se poursuivront dans les prochaines semaines afin de traduire les conclusions du rapport en actions concrètes.

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