Tunisie: Plan de développement 2026-2030 - Le pays mobilise plus de 101 milliards de dinars pour 21.100 projets

2 Juillet 2026

La Tunisie s'apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de développement avec le lancement du Plan de développement 2026-2030, qui prévoit un portefeuille de 21.100 projets et programmes publics représentant un investissement global de 101,835 milliards de dinars. Élaboré selon une approche participative accordant un rôle central aux collectivités territoriales, ce plan ambitionne de réduire les disparités régionales, de moderniser les infrastructures et de soutenir la transition énergétique.

Selon le document du projet de plan, cette enveloppe d'investissement constitue l'un des principaux leviers de mise en oeuvre de la politique de développement de l'État. Les conseils locaux, régionaux et les conseils des districts ont été pleinement associés à l'identification des priorités afin de mieux répondre aux besoins des citoyens et de promouvoir un développement plus équilibré entre les territoires.

Le portefeuille comprend 14.624 nouveaux projets, dont 8.506 ont été proposés directement par les conseils élus, soit près de 58 % des nouveaux projets inscrits. Cette orientation traduit la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance participative et la décentralisation. À ces nouveaux projets s'ajoutent 6.476 opérations déjà engagées avant 2026, principalement dans les domaines des infrastructures routières, des équipements publics, de la santé, de l'éducation, des transports et des ressources en eau.

Le document prévoit également 5.629 projets dans le cadre du Programme de développement régional ainsi que 3.370 projets relevant du nouveau Programme de développement inclusif.

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La répartition des projets confirme la priorité accordée au développement territorial. Les projets à vocation locale représentent 70 % de l'ensemble du portefeuille, contre 17 % pour les projets régionaux, 11 % pour les projets nationaux et 2 % pour les projets interrégionaux. Cette répartition vise à renforcer les services publics de proximité et à réduire les inégalités entre les différentes régions du pays.

Les infrastructures absorbent près de la moitié des investissements

Avec 44,513 milliards de dinars, soit 43,7 % des investissements programmés, le secteur des infrastructures et des services concentre la plus importante enveloppe financière. Les crédits permettront de financer 7.930 projets, portant notamment sur les routes, les ponts, les équipements municipaux, la protection du littoral et les ouvrages de prévention contre les inondations.

Le secteur des équipements collectifs enregistre, quant à lui, le plus grand nombre de projets avec 11.311 opérations, pour une enveloppe de 27,963 milliards de dinars. Les investissements cibleront principalement les établissements scolaires et universitaires, les structures de santé, les infrastructures sportives, les équipements destinés à la jeunesse ainsi que les infrastructures culturelles.

Le secteur de l'industrie, de l'énergie et des mines bénéficiera de 17,775 milliards de dinars pour financer 303 projets, avec pour objectif d'accélérer la transition énergétique et de porter la part des énergies renouvelables à 35 % de la production électrique nationale à l'horizon 2030, tout en développant les activités minières et gazières.

Sur un autre plan, 11,584 milliards de dinars seront consacrés à 1.556 projets dans les secteurs de l'agriculture, de la pêche et des ressources hydrauliques afin de renforcer la sécurité alimentaire et hydrique, de soutenir les filières agricoles et de mieux mobiliser les ressources en eau.

Le plan de développement repose également sur une répartition géographique prenant en compte le poids démographique des cinq districts du pays.

Le troisième district concentre le plus grand nombre de projets avec 5.632 opérations, devant le deuxième district (4.439 projets), le quatrième district (3.754 projets), le premier district (3.141 projets) et le cinquième district (2.629 projets). Selon les projections du document, cette programmation correspond à une moyenne nationale d'un projet pour environ 599 habitants.

Un financement largement assuré par l'État

Le financement du portefeuille repose sur une diversification des ressources afin de limiter la pression sur les finances publiques.

Le budget de l'État assurera 61 % des investissements, soit 61,847 milliards de dinars. Les entreprises et établissements publics financeront 30 % du programme, pour un montant de 31,990 milliards de dinars.

Les partenariats public-privé (PPP) contribueront à hauteur de 9 %, soit près de 7,998 milliards de dinars, destinés notamment aux projets de gestion des déchets, d'assainissement, d'énergies renouvelables, de transport multimodal et de développement touristique.

À travers ce vaste programme d'investissement, les autorités ambitionnent de stimuler la croissance économique, d'améliorer le climat des affaires, de renforcer l'accès des citoyens aux services publics essentiels et de promouvoir un développement plus inclusif, tout en veillant à la préservation de l'environnement et à la gestion durable des ressources naturelles.

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