Fadial (Mbour — Le grand baobab sacré de Fadial, situé dans la commune de Nguéniène (ouest), attire toujours de nombreux visiteurs. Considéré comme l'un des plus anciens arbres du Sénégal, il est reconnu comme un patrimoine historique, culturel et spirituel, témoin vivant de l'histoire et des traditions sénégalaises.
Vieux de plus de 850 ans, selon le conservateur du site, ce baobab impressionne par ses dimensions exceptionnelles. Avec une circonférence de 32 mètres pour une dizaine de troncs, il constitue l'une des principales attractions touristiques du département de Mbour.
Cet arbre servait autrefois de lieu de sépulture pour les griots, conformément à des croyances ancestrales, rappelle le conservateur Massamba Sall.
"On les momifiait à l'intérieur des cavités du baobab et on les suspendait de manière que leurs pieds ne touchent pas la terre. On considérait à l'époque qu'ils ne devaient pas être enterrés sous terre", a-t-il expliqué, lors d'une visite guidée du site.
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Cette pratique était répandue dans plusieurs territoires habités par les peuples sérères à travers le pays. Le conservateur note que cette coutume a été abandonnée en 1960, après l'indépendance du Sénégal.
"Le président Léopold Sédar Senghor estimait qu'il s'agissait d'une discrimination sociale. Les ossements ont été retirés des baobabs et enterrés dans les cimetières comme ceux de tous les autres citoyens", a-t-il indiqué.
L'une des particularités du grand baobab de Fadial réside dans sa vaste cavité intérieure, accessible par une ouverture étroite aménagée dans le tronc. Cette spécificité permet aux visiteurs de pénétrer à l'intérieur de l'arbre et de découvrir un espace naturel chargé d'histoire et de symboles.
Le baobab sacré fascine visiteurs et croyants
Le conservateur du site a également mis en exergue les multiples usages du baobab dans la société sénégalaise, rappelant que cet arbre est considéré comme le symbole végétal du Sénégal.
"Tout est utile dans le baobab. Les feuilles sont utilisées dans l'alimentation, le fruit appelé 'pain de singe' entre dans la préparation de plusieurs [mets] traditionnels, tandis que la sève sert notamment à fabriquer une colle utilisée par les artistes", a relevé Massamba Sall.
En hommage au botaniste français Michel Adanson, qui l'a répertorié, le baobab porte le nom scientifique Adansonia digitata, a-t-il rappelé.
Le conservateur du site souligne également les vertus médicinales attribuées aux différentes parties du baobab dans la pharmacopée traditionnelle, ainsi que sa remarquable longévité. "Le baobab commence à se creuser naturellement avec l'âge et peut vivre jusqu'à près de mille ans", a-t-il précisé.
Le site de Fadial attire des touristes sénégalais et étrangers venus contempler cet arbre monumental, mais aussi des visiteurs qui y formulent des prières ou des voeux, le baobab étant considéré par certaines croyances locales comme un arbre porte-bonheur.
La fréquentation du baobab profite aussi aux artisans qui proposent sculptures, tableaux de sable et objets d'art inspirés du patrimoine local, contribuant à la promotion du tourisme culturel dans le département de Mbour.
Véritable monument naturel, le grand baobab sacré de Fadial demeure un symbole fort de l'histoire, des traditions et du patrimoine écologique du Sénégal.