Un réseau criminel a été démantelé à Yeumbeul Comico par la police. Ils ont été déférés devant le procureur de la République pour chantage, tentative d'extorsion de fonds, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et mise en danger de la vie d'autrui.
Le Commissariat d'arrondissement de Yeumbeul Comico a procédé, le 1eᣴ juillet 2026, à la conduite au parquet de six individus. Ces derniers sont poursuivis pour des chefs d'inculpation graves : tentative d'extorsion de fonds, chantage, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et mise en danger délibérée de la vie d'autrui.
Dans une note rendue publique jeudi, la police souligne que le 27 juin dernier, aux environs de 1 heure 30, les éléments de la Brigade de Recherches, alors de retour d'une mission d'intervention, ont appréhendé et mis à la disposition du Commissariat de Yeumbeul COMICO trois individus dont un tailleur et un maçon.
« Il résulte des déclarations de l'un des mis en cause, qui s'est présenté spontanément au service, qu'il aurait été victime d'une tentative d'extorsion de fonds de la part de deux individus rencontrés initialement dans la commune de Mbour », rapporte notre source.
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Selon les dépositions de ce dernier, il est entré en contact avec l'un des deux maîtres chanteurs par l'intermédiaire du réseau social TikTok. Après un échange de coordonnées téléphoniques, des conversations régulières se sont poursuivies entre eux.
De Mbour à Dakar
Ainsi, sur invitation de son interlocuteur, le plaignant s'est rendu à Mbour le 27 juin 2026. Alors qu'ils se trouvaient dans une chambre plongée dans l'obscurité, le second suspect a fait irruption dans la pièce, armé d'une machette.
« Après l'avoir accusé d'homosexualité, les agresseurs ont pris des clichés photographiques de force, avant d'exiger du plaignant la somme de 200 000 francs CFA, sous la menace d'une diffusion immédiate des images sur les réseaux sociaux en cas de refus de paiement », indique le texte.
Ne disposant pas de cette somme, poursuit la police, la victime a simulé un accord en proposant de se rendre à son domicile situé à Boune (Dakar) afin d'y réunir les fonds. Une fois sur les lieux, l'intervention des éléments de la Brigade de Recherches a été sollicitée, ce qui a permis l'interpellation en flagrant délit et la conduite des deux suspects au commissariat.
« Entré en audition sommaire, le premier suspect a reconnu avoir réclamé les 200 000 francs CFA, tout en désignant son complice comme l'instigateur principal des faits. Entendu à son tour, le présumé cerveau a confessé les faits reprochés, alléguant pour sa défense avoir agi en réaction à des avances à caractère sexuel répétées de la part du plaignant », lit-on dans le texte.
À l'issue de ces premières auditions, les deux maîtres chanteurs ont été placés en garde à vue pour chantage et tentative d'extorsion de fonds, tandis que le plaignant initial a également été maintenu en garde à vue pour les nécessités de l'enquête.
Les téléphones ont parlé
Sur ce, interrogé ultérieurement sur procès-verbal concernant les accusations d'homosexualité, le plaignant initial a d'abord tenté de nier. Cependant, l'exploitation technique de son téléphone portable a apporté des preuves irréfutables, le contraignant à admettre son statut. Il a par la suite divulgué l'identité de plusieurs de ses partenaires sexuels domiciliés entre Yeumbeul, Keur Mbaye Fall et Pikine.
Les investigations menées sur la base de ces aveux ont permis, d'après les éléments de la police, l'interpellation de trois autres individus. Il s'agit respectivement d'un marchand ambulant, d'un mécanicien et d'un tailleur de profession.
Par ailleurs, précise la note, l'examen des données numériques issues de l'ensemble des téléphones portables a mis en évidence l'existence d'un véritable réseau structuré d'échanges et de rencontres via les applications WhatsApp et Messenger.
Trois des mis en cause porteurs du VIH
Sur le plan sanitaire, les résultats des réquisitions médicales adressées au Centre de santé de Yeumbeul ont révélé que trois des mis en cause sont porteurs du VIH. Entendus sur procès-verbal, ces trois porteurs ont reconnu avoir entretenu à plusieurs reprises des relations sexuelles croisées.
L'un d'eux a précisé que certains rapports avec le premier mis en cause s'étaient faits sans protection. Le troisième a quant à lui affirmé que l'ensemble de ses rapports avec ce dernier étaient protégés. Enfin, l'un des partenaires cités dans le répertoire a formellement nié toute relation sexuelle, admettant uniquement connaître le concerné via TikTok.