Ile Maurice: Business Mauritius appelle à lever les freins à la compétitivité

Dans une analyse publiée le 27 juin, Business Mauritius constate une convergence entre les orientations du gouvernement et les priorités du secteur privé. L'organisation indique que les mesures annoncées visent la croissance par l'investissement privé, l'amélioration du climat des affaires, la transition énergétique et la transformation numérique. Elle estime toutefois que ces objectifs dépendront de la mise en oeuvre des réformes.

Le rapport met l'accent sur ce point. Le succès des mesures reposera sur une exécution disciplinée, des calendriers clairement définis et une meilleure coordination entre les institutions publiques. Business Mauritius relève également plusieurs défis structurels encore peu adressés, notamment la productivité, la stabilité de la roupie et l'ouverture du secteur aérien.

Sur le volet des réformes économiques, le rapport met en avant la volonté de repositionner Maurice. Il insiste notamment sur la stratégie visant à faire du pays une «Start-up Nation», avec un cadre législatif dédié, un conseil publicprivé, un programme d'accélération et une plateforme numérique de gestion des brevets. Il relève également les mesures de soutien aux entreprises, dont un congé fiscal de dix ans pour les start-up et un renforcement des dispositifs en faveur des PME.

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Diversification et compétitivité

La création d'une zone économique spéciale à Côte-d'Or consacrée à l'intelligence artificielle et aux industries de pointe est également présentée comme un levier de diversification économique. Business Mauritius relève par ailleurs les investissements prévus dans les infrastructures stratégiques, notamment l'Island Container Terminal, la modernisation de l'aéroport et l'installation d'e-Gates biométriques, considérés comme des facteurs de compétitivité.

Dans le secteur financier, le rapport note plusieurs réformes de modernisation touchant notamment la National Crime Agency, l'open banking, les stablecoins et la tokénisation. Ces initiatives traduisent, selon l'organisation, une volonté d'alignement sur les standards internationaux. De son côté, la Mauritius Bankers Association salue la poursuite de la consolidation budgétaire, tout en réclamant davantage de précisions sur le futur régime de résolution bancaire.

Business Mauritius identifie toutefois plusieurs zones de vigilance. Dans l'immobilier, les restrictions sur la vente des unités G+2 construites sur des terrains de l'État ainsi que l'instauration d'une taxe de 10 % sur les transactions pourraient freiner les investissements. L'organisation souligne également que la taxe de 5% sur les assurances générales à court terme risque de pénaliser des segments du marché.

Sur le plan fiscal, l'introduction d'un taux d'imposition de 35 % pour les hauts revenus soulève des interrogations quant à l'attractivité de Maurice auprès des talents internationaux. Dans le secteur commercial, certaines mesures, notamment la taxation des bouteilles en plastique et le recours accru aux achats groupés de la State Trading Corporation, sont perçues comme susceptibles de créer des distorsions sur le marché.

Les réactions sont également partagées dans le secteur industriel. Si les mesures de soutien aux exportations sont globalement bien accueillies, la hausse de la taxe sur le sucre et la révision du régime des importations parallèles suscitent des inquiétudes. La Chambre de Commerce et d'Industrie plaide ainsi pour une évaluation globale des conséquences sur l'emploi, tandis que les acteurs de la construction regrettent le manque de visibilité sur les futurs projets d'infrastructures.

En matière de capital humain, Business Mauritius salue les programmes de formation en intelligence artificielle destinés à 50 000 personnes, ainsi que les initiatives de reconversion professionnelle et de micro-accréditation. Les mesures visant à faciliter les visas étudiants et le travail post-études sont également perçues comme un atout pour renforcer l'attractivité du pays. Le rapport met cependant en garde contre les effets du relèvement du seuil salarial exigé pour les permis de travail, qui pourrait accentuer les tensions sur le recrutement dans les secteurs des TIC et du Business Process Outsourcing. Par ailleurs, si les nouvelles mesures sociales - congés maternité, paternité et menstruel - sont saluées, leur impact financier sur les PME devra, selon Business Mauritius, faire l'objet d'un suivi.

Sur le plan environnemental, les investissements prévus dans la réhabilitation du littoral et le développement de l'économie bleue sont accueillis favorablement. En revanche, des incertitudes subsistent quant à la capacité du pays à atteindre ses objectifs en matière d'énergies renouvelables d'ici 2035, en raison des limites actuelles des infrastructures et des interrogations entourant la préparation du réseau électrique.

Enfin, Business Mauritius estime que le développement de l'économie circulaire est inachevé, notamment en ce qui concerne les mécanismes de tri des déchets et la responsabilité élargie des producteurs. L'organisation relève également que l'obligation de transférer une part importante des contributions CSR vers la National Social Inclusion Foundation est perçue par les entreprises comme une contrainte supplémentaire.

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