La publication des résultats scolaires laisse un sentiment d'inachevé à Kananga, dans la province du Kasaï-Central. Conformément au calendrier officiel, plusieurs établissements ont procédé ce jeudi 2 juillet à la proclamation des résultats. Cependant, une crise logistique gâche la fête : les bulletins officiels sont totalement introuvables, contraignant les écoles à distribuer des documents provisoires.
À la place du précieux document officiel cartonné, les élèves ont reçu des bulletins brouillons, de simples photocopies ou des bouts de papier reprenant leurs côtes et leur pourcentage. Une situation que subissent directement les élèves, comme en témoigne cette écolière :
« On nous a déjà proclamés. On ne nous a pas remis un bulletin, on nous a remis qu'un bout de papier avec le pourcentage. On nous oblige de revenir après quelques jours pour reprendre le bulletin ».
Une autre élève abonde dans le même sens : « On nous a proclamés, mais on ne nous a pas donné les bulletins. On nous a donné la photocopie du bulletin ».
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La colère des parents qui paient les frais chaque année
Cette carence suscite une vive indignation chez les parents d'élèves, qui s'acquittent pourtant régulièrement des frais scolaires spécifiquement dédiés à l'octroi de ce document obligatoire.
Louis Mputu, un parent rencontré dans le centre-ville de Kananga, ne cache pas sa frustration face à cette anomalie qui dure :
« Cela fait deux à trois ans que je paie les frais de bulletin sans jamais voir le document officiel remis à mes enfants. »
Des documents bloqués à Kinshasa
Interpellés sur cette situation, les chefs d'établissements rejettent la responsabilité sur l'Inspection provinciale de l'Éducation nationale, affirmant n'avoir rien reçu de leur hiérarchie.
Les tentatives de Radio Okapi pour joindre l'Inspecteur principal provincial (IPP) se sont soldées par un échec. Néanmoins, des sources internes au sein de l'Inspection provinciale justifient ce retard par un problème centralisé : les bulletins officiels sont toujours attendus en provenance de Kinshasa.
En attendant qu'une solution soit trouvée, des milliers d'élèves clôturent l'année dans le flou. Cette situation administrative pénalise en premier lieu les élèves qui s'apprêtent à changer de ville ou de pays pour poursuivre leur cursus scolaire.