Sénégal: Mondial 2026 Élimination Sénégal - La rançon des célébrations anticipées

analyse

Si ce n'est pas ce qu'on appelle un « Wolfo ou wolof » dans le jargon sportif pour des scénarios pareils, en tout cas, le Sénégal en a pris pour son grade.

Le mercredi 1er juillet restera un souvenir douloureux pour les joueurs, voire tout le peuple sénégalais. Car les Lions de la Teranga ne sont pas tombés face aux Diables rouges de la Belgique lors des 16es de finale de la Coupe du monde 2026; ils se sont effondrés. Alors qu'ils menaient 2 buts à 0 jusqu'à la 86e minute, les Lions ont vu leur avantage s'évaporer en 4 minutes en concédant la réduction du score puis l'égalisation (aux 86e et 89e minutes de jeu) avant de craquer définitivement lors des prolongations. Un penalty provoqué dans les derniers instants (à la 125e mn) a permis aux Belges de s'imposer sur le fil par 3 à 2.

Ce naufrage n'est pas un accident de parcours ; c'est la répétition d'un scénario que l'Afrique rejoue match après match dans ce Mondial nord-américain. L'on a fait le même constat avec la Côte d'Ivoire, qui a été éliminée par la Norvège sur 1 but tombé à la 86e minute. Le Congo est tombé face à l'Angleterre dans le même timing. L'Afrique du Sud, elle, a plié d'une tout autre manière, mais le symptôme reste identique. Elle a perdu sèchement contre le Canada sur 1 but arraché en toute fin de match. L'on se rend compte que dans ce tournoi, les équipes africaines sont incapables de verrouiller une avance ou de tenir un score dans le money-time.

Le symptôme dépasse largement le cas sénégalais. Sur le plan technique, la discipline tactique africaine ne semble pas tenir après la 80e minute, le marquage individuel qui remplace la couverture collective, la recherche de solutions immédiates et surtout une gestion émotionnelle qui vire au triomphalisme précoce dès qu'un scénario favorable s'installe. Du coup, on célèbre la qualification avant même le coup de sifflet final. Pourtant, le football moderne ne s'accommode pas de triomphalisme anticipé.

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Il y a sans doute eu aussi des erreurs de coaching, tant et si bien que les supporters, et même certains acteurs, n'ont pas hésité à brûler les idoles telles qu'Emerse Faé et Pape Thiaw qu'hier encore ils vénéraient quand ils ont remporté le titre continental en 2023 et 2025. La preuve qu'ici, plus que dans tout autre domaine, les amours sont souvent fugaces.

Au-delà du système, il y a un effectif vieillissant que le sélectionneur n'a pas su renouveler à temps. Les changements tardifs, la sortie prématurée du seul relais technique, du milieu, Pape Gueye, à 24 minutes de la fin, l'incapacité à faire souffler les cadres avant l'heure du danger; tout cela trahit une gestion d'un groupe encore trop dépendant de ses anciens. Le moment est venu pour certains piliers historiques de tirer leur révérence et de laisser émerger une nouvelle génération, plus fraîche physiquement et moins figée dans des certitudes tactiques dépassées. S'accrocher à une hiérarchie sentimentale coûte cher quand le corps ne suit plus à la 90e minute.

Place maintenant aux autres rescapés du continent. Le Ghana, encore en course face à la Colombie, et le Cap-Vert, révélation du tournoi, portent désormais seuls l'espoir africain restant, en attendant de voir ce qu'ils pourront produire.

Désormais, le talent ne suffit pas. Il faut une dose de lucidité collective et tactique. Et ces 3 sélections éliminées sont bien payées pour le savoir. À elles de tirer la leçon immédiate des naufrages ivoirien, congolais et sénégalais. Le haut niveau nous apprend qu'il ne faut jamais tenir un score, mais le prolonger ; ne jamais s'asseoir sur une avance, mais la sécuriser par des changements anticipés et une rigueur défensive de chaque minute jusqu'au coup de sifflet final.

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