Ils avaient retrouvé un mince espoir, il y a quelques jours, en apprenant que leurs salaires en souffrance seraient enfin versés. Mais l'espoir a été de courte durée. Plusieurs employés d'une filière d'Evaco Ltd ont reçu une lettre officielle de licenciement avec effet immédiat, plongeant des centaines de familles dans une nouvelle vague d'angoisse.
Ce document, signé par le receiver-manager Mushtaq Oosman, confirme que Mereo Ltd, une entité du groupe Evaco sous receivership depuis le 28 mai 2026, est incapable de poursuivre ses activités. Les contrats de travail des employés prennent donc fin avec effet immédiat.
Dans cette lettre, l'administrateur explique que Mereo Ltd ne peut continuer ses opérations et précise que les employés pourront faire valoir leurs créances salariales et leurs droits statutaires sous l'Insolvency Act, étant considérés comme des privileged debts. Il leur est demandé de s'enregistrer au ministère du Travail dans un délai de 30 jours pour solliciter une éventuelle assistance si les actifs de l'entreprise ne suffisent pas à couvrir les sommes dues.
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Pour les employés, ce courrier représente bien plus qu'une simple formalité administrative. Il marque brutalement la fin de plusieurs années de travail et ouvre une période d'incertitude totale. «Nous ne savons plus quoi faire», confie un employé, encore sous le choc. Derrière chaque lettre, se cache une famille qui s'interroge sur son avenir, le remboursement d'un prêt immobilier, les frais de scolarité des enfants ou encore les dépenses du quotidien.
Il faut savoir que ces lettres ne concernent pas tous les employés d'Evaco, mais uniquement une filière du groupe. Il y a quelques jours, un premier souffle de soulagement était venu redonner un peu d'espoir aux quelque 350 employés d'Evaco. Après plusieurs semaines de mobilisation, ils avaient obtenu le paiement de leurs salaires d'avril et de juin grâce à l'intervention du ministre du Travail, Reza Uteem, qui avait réussi à débloquer les fonds nécessaires à l'issue de discussions avec la State Bank of Mauritius (SBM).
Selon les informations recueillies, Evaco affiche une dette d'environ Rs 2,4 milliards envers la SBM. Malgré cette situation financière extrêmement délicate, des fonds avaient été avancés aux administrateurs, Mushtaq Oosman et John Chung, afin de permettre le versement des rémunérations en attente et d'éviter que les employés ne continuent à subir les conséquences immédiates de cette crise. Cette intervention avait été saluée comme une première victoire après plusieurs semaines de manifestations.
L'enjeu dépasse d'ailleurs le seul sort des salariés. Evaco compte plusieurs projets immobiliers d'envergure qui impliquent d'importants investissements. Une disparition définitive du groupe pourrait avoir des répercussions économiques bien au-delà de l'entreprise ellemême. En attendant, les employés licenciés doivent à présent s'enregistrer auprès du Workfare Programme du ministère du Travail afin de pouvoir bénéficier d'un soutien financier jusqu'à ce qu'ils puissent trouver un nouvel emploi.
N'empêche que pour ces quelques employés qui ont reçu leur lettre, une question demeure désormais sur leurs lèvres : que leur réserve la suite ?