Afrique: Un cinéaste évoque 'la place de choix' du pays dans le FESPACO

Dakar — Le Sénégal demeure "un partenaire fort" du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), a déclaré le producteur sénégalais Souleymane Kébé, soulignant l'impact de cette manifestation considérée comme la "vitrine" du cinéma africain et de la diaspora.

"Le Sénégal a toujours eu une place de choix dans le FESPACO, c'est un partenaire fort de ce festival et moi je n'ai jamais conçu ce dernier sans le Sénégal", a-t-il indiqué.

M. Kébé intervenait, jeudi, lors d'une conversation portant sur le thème "Le Sénégal au FESPACO : empreintes pionnières", une rencontre organisée par Raw Material Compagny, centre pour l'art, le savoir et la société, en clôture de sa saison intitulée "Politique culturelle du Raw".

Plusieurs acteurs du cinéma et de la culture sénégalaise ont pris part à cette rencontre.

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Le Sénégal a assisté à la naissance, à l'adolescence et à l'âge adulte du FESPACO, manifestation qui constitue la "vitrine" du cinéma africain et de la diaspora, a rappelé Souleymane Kébé.

"Je pense que nous ne pouvons pas sortir le Sénégal de la place qu'il occupe dans le FESPACO", a-t-il estimé, avant de parler de l'impact de cette manifestation sur les projets cinématographiques africains dont les siens.

"Il est dur, pour nous cinéastes, de vendre nos films, car il n'existe pas de marché en Afrique, mais le FESPACO nous aide à avoir une visibilité, afin d'attaquer les distributeurs extérieurs", a-t-il poursuivi.

La réalisatrice, scénariste et productrice sénégalaise Angèle Diabang estime de son côté que le FESPACO n'est pas seulement un lieu de projection de films, il est aussi un cadre de travail pour les cinéastes.

"C'est un lieu de rencontres où des cinéastes sénégalais sont parvenus à mettre en place des vrais projets", a témoigné Angèle Diabang, selon qui le FESPACO demeure un lieu des rencontres entre professionnels qui réfléchissent non seulement sur la pérennité de la manifestation mais également pour "une meilleure industrialisation du cinéma africain".

"Le Sénégal a mis du temps à avoir des Etalons d'or au FESPACO [la récompense suprême de ce festival] parce que Sembène Ousmane et Djibril Diop Mambéty n'ont pas voulu aligner leurs films en compétition", a pour sa part rappelé le cinéaste et scénariste sénégalais Clarence Thomas Delgado.

Il a pointé "quelques faiblesses" dans la façon dont le Sénégal est reçu dans ce festival, en insistant sur l'importance pour ce dernier d'acheter les films primés.

Le Sénégal fait partie des pays cofondateurs du FESPACO et le pays participe à cette grande rencontre cinématographique africaine depuis sa création en 1969, alors que le Burkina Faso s'appelait alors Haute-Volta.

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