Les députés ont adopté la loi créant le Conseil économique, social et culturel (CESC). Il vise à renforcer le dialogue entre les pouvoirs publics et les forces vives de la Nation.
Loi organique fondamentale», c'est ainsi que l'Assemblée nationale a qualifié cet organe longtemps attendu et qui entre enfin dans sa phase de concrétisation. Dans une ambiance de débats animés, les députés ont adopté, hier à Tsimbazaza, la loi organique portant la mise en place du Conseil économique, social et culturel (CESC).
Après quinze années d'attente, cet organe constitutionnel, prévu par l'article 105 de la Constitution de 2010, devient enfin opérationnel et est présenté comme un nouvel espace de dialogue entre les pouvoirs publics et les forces vives de la Nation. La séance s'est tenue en présence de membres du gouvernement ainsi que de représentants de la jeunesse.
La configuration actuelle de l'organe tient compte du contexte politique et institutionnel. Le mandat des membres a été fixé à trois ans, renouvelable une fois, dans l'attente d'une éventuelle révision constitutionnelle.
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« Les membres du CESC participeront à cette phase de transition avant l'adoption d'une nouvelle Constitution, qui permettra ensuite d'instaurer un mandat de cinq ans», explique Clarisse Manjary, députée élue à Ivohibe et membre de la commission chargée du projet.
Le CESC réunira 111 membres issus des différentes régions du pays, représentant les organisations de la société civile, les syndicats, les entrepreneurs, les artisans ainsi que les jeunes des générations Gen Z et Gen Y, intégrés notamment après les manifestations de septembre et octobre 2025.
Espace de participation
Au-delà de sa mise en place institutionnelle, le CESC est surtout présenté comme un outil destiné à renforcer la participation citoyenne à la gestion des affaires publiques. L'enjeu est d'ouvrir la vie publique à des citoyens qui ne souhaitent pas s'engager dans les partis politiques. « Il fallait créer un cadre permettant aux forces vives de contribuer au développement du pays sans passer par la vie partisane », souligne le député Hervé Hagnonona, élu à Betioky Atsimo (celui qui a porté ce projet de loi devant l'Assemblée nationale), rappelant le rôle strictement consultatif de l'organe, sans pouvoir législatif ni fonction de contrôle gouvernemental.
Dans une perspective historique, Thierry Radafindranaro, député d'Antananarivo Avaradrano, estime que cette mise en place répond à une nécessité apparue après les crises politiques successives. « Les différentes crises qu'a connues Madagascar ont montré l'importance d'un espace permanent de dialogue entre les dirigeants et les forces vives de la Nation », a-t-il expliqué, rappelant les réflexions issues de la crise de 2009.
À l'issue de l'adoption du texte, les parlementaires y voient une avancée vers « une démocratie plus inclusive ». Désormais, toutes les composantes de la société pourront, à travers ce cadre consultatif, formuler des propositions et participer indirectement à la gouvernance nationale.