Le président sud-africain Cyril Ramaphosa était en visite de « solidarité » jeudi 2 juillet 2026 à Kinshasa, alors que l'épidémie d'Ebola continue de s'étendre. Le dernier bilan fait état de plus de 400 morts confirmés et de deux nouvelles provinces touchées, la Tshopo et le Haut-Uélé.
À l'institut national de recherche biomédicale de Kinshasa, le constat était unanime : la riposte contre Ebola progresse, mais l'épidémie continue de gagner du terrain, rapporte notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa. Au total 1406 cas ont été recensés, dont 438 décès en RDC. Le foyer de l'épidémie reste la province de l'Ituri, 91 % des cas. Le Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont également touchés, bien que dans cette dernière province, aucun nouveau cas n'a été enregistré depuis fin mai.
En revanche, un cas s'est révélé positif, à Kisangani dans la province de la Tshopo, voisine de l'Ituri. Selon les autorités sanitaires, il s'agit d'une jeune femme de 24 ans décédé dans la zone de santé de Nia Nia, en Ituri. Et dont le corps a été transporté clandestinement par moto vers Kisangani, où un test sur la dépouille s'est révélé positif. C'est à Nia Nia, qu'un centre de santé a été incendié cette semaine et que sept cas suspects - placés en isolement - ont pris la fuite.
Un autre décès et un cas confirmé ont également été signalés ces derniers jours dans la province du Haut-Uélé, voisine de l'Ituri. Les autorités sanitaires ont indiqué que la personne contaminée avait fui la zone de santé de Nia Nia.
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Malgré ces trois cas signalés dans deux nouvelles provinces, les autorités sanitaires du pays continuent de parler de trois provinces touchées, considérant que dans la Tshopo et le Haut-Uélé, il s'agit de « cas importés » d'Ituri.
18 millions de dollars manquants pour financer la recherche
Le directeur général d'Africa CDC, Jean Kaseya, annonce que plusieurs candidats vaccins sont désormais à l'étude et espère un premier vaccin disponible d'ici décembre. Mais il manque encore 18 millions de dollars pour financer ces recherches. Il appelle les bailleurs à transformer les plus de 910 millions de dollars de promesses annoncés en financements effectivement décaissés.
Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, évoque une épreuve majeure pour le système sanitaire, confronté à l'insécurité, au manque de laboratoires, d'équipements et à la méfiance des populations. Pour y répondre, Kinshasa assure avoir adopté un principe : un seul plan, une seule équipe et un seul budget.
L'OMS, qui a déployé 128 experts et près de 200 tonnes de matériel, salue le leadership des autorités congolaises, mais alerte sur un taux de décès communautaires toujours élevé et des besoins qui augmentent plus vite que les ressources.
Face aux restrictions imposées par certains pays, Félix Tshisekedi et Cyril Ramaphosa ont lancé un même appel : ne pas fermer les frontières à la RDC. Pour les deux dirigeants, la lutte contre Ebola doit reposer sur la science, la transparence et la solidarité internationale.