L'été est pour beaucoup synonyme de congés et, pour les travailleurs émigrés, de séjour au pays. Le Mali traverse actuellement une situation très difficile : intensification des attaques des groupes armés, pénuries récurrentes de carburant, d'électricité et d'eau. Mais pour la diaspora malienne en France, quelles que soient les appréhensions ou les positions politiques, renoncer à passer ses congés au Mali n'est pas une option.
Dans ce foyer parisien habite Ibrahim Camara*, plus de vingt années en France à travailler dans l'entretien. Originaire de la région de Kayes, soutien revendiqué du général Assimi Goïta, il revient régulièrement au pays et n'envisage pas une seconde d'y renoncer.
« C'est notre pays »
« Il y a ma femme là-bas, il y a mes enfants, explique-t-il, tous mes parents sont là-bas ! Je n'ai pas le choix, je dois y aller. » Les problèmes de sécurité, de carburant, d'électricité ? « Il n'y a pas de problème, répond Ibrahim Camara, pour nous ça ne compte pas. Le Mali, c'est notre pays. »
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Madi Dembélé, Bamakois croisé au rez-de-chaussée du foyer, ne dit pas autre chose. « Même avec les difficultés, chaque année, j'y retourne, dit-il dans un grand sourire. J'y ai mon père, ma mère, ma femme et mes enfants. Alors même s'il y a de l'insécurité et des problèmes de carburant, j'y vais ! »
Des élections
Amadou Sangaré, en France depuis plus de quinze ans, travaille dans la restauration. Séduit par l'arrivée des militaires au pouvoir, pour combattre les groupes jihadistes, il estime six ans plus tard que le pays « n'avance pas » et voudrait des élections. Ce qui ne l'empêche pas de rentrer au Mali, dans son village de la région de Kayes, pour ses congés.
« C'est important, malgré tout, de rentrer voir ma famille », confie-t-il, assis sur le lit qui prend presque la moitié de sa petite chambre. En raison du contexte sécuritaire, il n'y a plus actuellement de vols directs entre Paris et Bamako. Mais de nombreuses compagnies continuent de desservir la capitale malienne. « Les problèmes d'électricité, nous on s'en fout (sic) parce que de toutes façons dans mon village il n'y en a jamais eu, alors on est habitués, poursuit-il. Nous, ce dont on a besoin, c'est de carburant. La famille se plaint qu'il n'y en a pas. Mais c'est mon pays, rien ne m'empêchera de partir là-bas ».
* Par précaution et à la demande de certains, les noms des personnes interrogées ont été modifiés