Afrique: Cémac - Adoption de nouveaux outils de transparence des finances publiques

Les experts en gestion des finances publiques de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), réunis du 29 juin au 2 juillet à Brazzaville, ont validé le Guide sur les risques budgétaires et les notes méthodologiques relatives au Compte unique du Trésor (CUT)... Ces outils visent à renforcer la transparence budgétaire, améliorer la gestion des finances publiques et accélérer la mise en oeuvre des réformes communautaires.

Les travaux de la réunion du Comité d'experts de la Cémac se sont achevés par l'adoption de nouveaux instruments destinés à consolider la gouvernance budgétaire dans les six pays de la sous-région. Pendant quatre jours, de spécialistes des finances publiques, du budget, de la comptabilité publique et des statistiques financières venus du Cameroun, de la République centrafricaine, du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad, ont évalué l'état d'avancement des réformes engagées dans le cadre harmonisé de gestion des finances publiques.

Au terme des échanges, les participants, ont validé, en plus du Guide sur les risques budgétaires et des notes méthodologiques relatives au CUT, les notes consacrées à l'analyse des risques liés aux partenariats public-privé sur la dette publique, ainsi que le Plan d'action 2027-2029, présenté comme la nouvelle feuille de route devant accompagner les États dans la prochaine phase de la réforme des finances publiques.

Satisfait de l'adoption du Plan d'action 2027-2029, le commissaire de la Cémac chargé du Département des politiques économique, monétaire et financière, Nicolas Beyeme Nguema, a estimé que ces nouveaux outils permettront aux administrations nationales de mieux anticiper les risques budgétaires, d'améliorer la gestion de la trésorerie et de renforcer la transparence des finances publiques.

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Les experts, une cinquantaine, ont également insisté sur la nécessité de poursuivre le renforcement des capacités des administrations nationales en matière de gestion de la trésorerie, déconcentration de l'ordonnancement, délocalisation du contrôle financier et modernisation de la fonction comptable. À l'endroit de la Commission de la Cémac, ils ont préconisé le renforcement du dialogue avec les États membres, un suivi régulier de l'exécution des réformes devant le Conseil des ministres de l'Union économique de l'Afrique centrale, ainsi que la diffusion des nouveaux guides régionaux auprès des administrations nationales. Ils recommandent également l'identification des pays ayant développé les meilleures pratiques afin de favoriser leur partage à l'échelle régionale.

À la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), les experts demandent d'accélérer la signature des conventions avec les Trésors publics nationaux et d'associer la Commission de la Cémac au comité de pilotage chargé de la mise en oeuvre du CUT. Quant aux États membres, ils sont invités à mutualiser leurs expériences, à transmettre régulièrement à la Commission les tableaux des opérations financières de l'État et à publier, en annexe des projets de lois de finances, les garanties accordées aux entités publiques et privées, conformément aux exigences du Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.

Transformer les engagements en résultats

Pour le représentant du département des finances publiques du Fonds monétaire international (FMI), Clément Ncouti, les travaux de Brazzaville constituent une étape importante, mais le véritable défi commence désormais avec la mise en oeuvre effective des décisions arrêtées. Selon lui, la qualité des statistiques des finances publiques demeure un pilier essentiel de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance. Le responsable du FMI a également invité les administrations à s'approprier les nombreux guides, manuels et outils méthodologiques élaborés avec les partenaires techniques et financiers, estimant que leur véritable valeur réside dans leur utilisation quotidienne.

Placée sur le thème « Améliorer la production et l'utilisation des statistiques des finances publiques pour renforcer la transparence et la gouvernance budgétaire en zone Cémac », la rencontre a également réuni des représentants de la Commission de la Cémac, de la BEAC, de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale, de la Cour des comptes communautaire, de l'Institut de l'économie et des finances, ainsi que de la Banque mondiale et d'Afristat centre.

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