Un atelier de traitement et apurement des données issues des déclarations statistiques et fiscales, financé par le Projet d'harmonisation et d'amélioration des statistiques en Afrique de l'Ouest et du centre (Hiswasca-SOP2), est organisé du 23 juin au 13 juillet à Pointe-Noire. Il réunit les comptables nationaux de l'Institut national de la statistique (INS) et un expert international en comptabilité.
L'INS a entrepris une mise à jour structurelle de ses bases de données économiques. Cette réforme repose sur l'exploitation des Déclarations statistiques et fiscales (DSF) qui constituent la source d'information primaire et fondamentale pour analyser la structure et la performance du tissu productif formel. À l'issue d'une première phase de collecte de terrain, un volume important de données a été mobilisé. Cependant, afin de garantir l'exhaustivité de la couverture statistique, une enquête complémentaire a été jugée nécessaire. Celle-ci cible spécifiquement les unités d'impôts des pôles économiques stratégiques de Brazzaville et de Pointe-Noire. Cette extension de la collecte vise à récupérer les DSF manquantes directement auprès des administrations fiscales, assurant ainsi une représentation fidèle de toutes les grandes entreprises et petites et moyennes entreprises opérant sur le territoire national.
Au total, ce sont plus de 6 000 DSF qui ont été réunies. La réussite du rebasage des comptes nationaux dépend désormais de la qualité du traitement de cette masse documentaire. Le passage des supports physiques (ou numérisés) à une base de données structurée, cohérente et apurée est une étape critique. L'organisation de cet atelier répond donc à cet impératif : transformer ces données brutes en indicateurs macroéconomiques fiables, conformes aux standards internationaux du Système de comptabilité nationale (SCN) 2008.
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L'objectif de cette réforme est d'assurer la codification, la saisie et l'apurement de l'ensemble des DSF collectées, afin de disposer d'une base de données exhaustive et fiable, conforme aux exigences de l'année de base du SCN 2008. « Le SCN 2008 introduit des innovations majeures, notamment en requalifiant la recherche et développement, les services financiers et les actifs intangibles en investissements plutôt qu'en consommations intermédiaires. L'adoption de ce référentiel permet au pays d'aligner son langage statistique sur les standards mondiaux, garantissant la parfaite comparabilité de ses données à l'échelle internationale », a précisé François Baowendssom Ramde, consultant international en comptabilité, venu pour appuyer les équipes nationales.
Ce programme se base sur la codification qui permet d'harmoniser les unités statistiques, selon les nomenclatures d'activités et de produits en vigueur. Le renforcement de capacités intervient pour former les agents de saisie sur l'outil informatique (masque CSPro) et les spécificités de la comptabilité d'entreprise. La production de données, quant à elle, sert à réaliser la saisie intégrale des données comptables (Bilan, compte de résultat, tableaux annexes).
Le contrôle qualité met en oeuvre des tests de cohérence (Equilibres comptables fondamentaux) dès l'étape de saisie. La sécurisation va centraliser et sauvegarder les données pour prévenir toute perte d'information. Quant à l'analyse des données, il sera question de tenir un atelier d'apurement pour transformer les informations saisies en tableaux de synthèse exploitables.
A la fin de ce processus, les 6 000 DSF seront intégralement codifiées et saisies. Une base de données apurée (Nettoyée des doublons et erreurs aberrantes) sera disponible au format CSPro/Excel/Stata. Un rapport technique documentant les difficultés rencontrées, les arbitrages méthodologiques et les statistiques de saisie sera finalisé. Afin de mieux s'imprégner de ce travail, la formation a été axée autour de quatre phases clés, à savoir la codification, la vérification physique des dossiers, l'attribution des codes d'activité et la vérification de la complétude des DSF.
S'exprimant sur la formation, Amédé Diambela, chef de service comptabilité nationale à l'INS, a dit: « Le travail que nous avons entrepris à Pointe-Noire consiste à traiter, contrôler, analyser et traduire les informations contenues dans les déclarations statistiques et fiscales des entreprises en données utilisables pour la comptabilité nationale. Les données sont vérifiées, harmonisées et codifiées selon les nomenclatures du SCN 2008 afin d'être intégrées dans les comptes nationaux. Cette étape est indispensable pour garantir la qualité des estimations économiques et refléter fidèlement la réalité de l'activité des entreprises».
Il a ajouté que« Les données issues des déclarations statistiques et fiscales permettent notamment de produire le produit intérieur brut, la valeur ajoutée par branche d'activité, les comptes des secteurs institutionnels, comptes de production et d'exploitation, la formation brute de capital fixe, les principaux agrégats macroéconomiques utilisés pour le suivi de la conjoncture et la planification économique ».
Selon lui, la qualité des données repose sur plusieurs mécanismes. « Nous procédons à des contrôles de cohérence, à des vérifications comptables et à des comparaisons avec les séries historiques. Les données sont ensuite soumises à des traitements statistiques rigoureux avant leur intégration dans les comptes nationaux. Ce processus permet d'assurer la fiabilité et la crédibilité des statistiques produites. Les principales difficultés concernent les retards dans la transmission des déclarations, les informations incomplètes ou incohérentes, les erreurs de remplissage », a-t-il précisé.
Notons que la production des comptes nationaux repose sur une étroite collaboration entre l'INS, les administrations fiscales, les ministères sectoriels, les organismes publics, les partenaires techniques et financiers. Dans le cadre du projet régional Hiswaca, cette coopération est renforcée par un appui financier visant à moderniser le système statistique national, améliorer la disponibilité des données administratives et harmoniser les méthodes statistiques conformément aux standards internationaux.
Les principaux défis concernent l'amélioration de la disponibilité et de la qualité des données administratives, le renforcement des capacités techniques des producteurs de statistiques, la modernisation des outils de collecte et de traitement, l'intensification de la collaboration entre les administrations et la mobilisation de ressources suffisantes. Le rebasage des comptes nationaux et la mise en oeuvre complète du SCN 2008 constituent également des priorités majeures pour produire des statistiques économiques plus précises, plus complètes et davantage en phase avec les transformations de l'économie congolaise.
La qualité des statistiques nationales est une responsabilité partagée. Elle dépend de la contribution de toutes les administrations, des entreprises et des partenaires institutionnels. En fournissant des informations fiables et dans les délais, chacun participe à une meilleure connaissance de l'économie natyunale et à une prise de décision plus efficace au service du développement du pays.