Au moins vingt personnes sont mortes et plus de cent autres disparues après le naufrage d'une baleinière précisément à la jonction des rivières Kasaï et Sankuru, c'est le bilan encore provisoire livré ce vendredi 3 juillet 2026 pour les autorités locales.
Selon les premières estimations des sources locales, la surcharge de l'embarcation serait la cause principale de ce naufrage, survenu dans la nuit de mercredi dernier.
L'administrateur du territoire d'Ilebo, François Kabula, a dressé un premier bilan provisoire :
« Il y a eu 80 rescapés et 20 corps sans vie retrouvés. Il y avait plus de 200 personnes à bord. »
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Les 80 rescapés ont eu la vie sauve grâce à l'intervention rapide de pêcheurs locaux, qui se trouvaient à proximité de la zone du sinistre.
Une fuite nocturne pour contourner les contrôles de sécurité
La baleinière assurait la liaison commerciale entre le port Kalina, situé à Ilebo, et la province du Sankuru. Plus de deux cents passagers s'étaient entassés à bord, parmi lesquels de nombreux élèves qui regagnaient leurs foyers après avoir présenté les épreuves de l'Examen d'État.
Pour s'affranchir des contrôles de sécurité et masquer la surcharge, l'embarcation a quitté le port en toute illégalité au milieu de la nuit, aux alentours de 22 heures. C'est en arrivant au niveau de la jonction des deux cours d'eau que l'embarcation, soumise à une trop forte pression, s'est littéralement brisée avant de sombrer.
La colère et la révolte de la société civile d'Ilebo
Cet énième accident sur les cours d'eau congolais suscite l'indignation de la société civile de la région. Celle-ci dénonce avec véhémence l'irresponsabilité et l'avidité des transporteurs fluviaux. Elle exige des sanctions exemplaires, un contrôle technique rigoureux des embarcations ainsi que l'obligation stricte du port du gilet de sauvetage pour chaque passager.
François Malepo, président de la société civile locale, fustige le comportement des exploitants :
« Les armateurs ne cherchent que l'argent, ils se moquent des vies humaines. Ils chargent trop de personnes et de marchandises, sans aucun gilet de sauvetage à bord. »
Sur place, l'angoisse reste vive alors que de nombreux passagers manquent encore à l'appel. Les opérations de secours et de recherche se poursuivent activement le long des berges pour tenter de retrouver d'autres corps ou d'éventuels survivants.