Le Mali fait face, ce samedi, à une série d'attaques coordonnées visant plusieurs localités du pays. Des offensives attribuées aux rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) et aux combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) sont signalées dans le nord, tandis qu'une attaque distincte a également visé une prison située au sud de Bamako.
Dans le nord du pays, de violents affrontements sont en cours à Anefis, à une centaine de kilomètres de Kidal. Selon plusieurs sources locales, les combats se déroulent à l'intérieur même de cette ville stratégique, considérée comme un point de passage clé vers Kidal, contrôlée depuis avril dernier par le Front de libération de l'Azawad. Des militaires russes alliés aux Forces armées maliennes seraient retranchés dans le camp militaire de la localité.
Des coups de feu ont également été entendus à Aguelhok, dans la région de Kidal, où un contingent de soldats maliens et de militaires russes serait également présent.
À Gao, principale ville du nord du Mali, des détonations ont été signalées sans qu'aucun combat n'ait été confirmé dans la ville pour le moment. Une situation similaire est rapportée à Sévaré, dans le centre du pays, où des tirs ont également été entendus.
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Le porte-parole du Front de libération de l'Azawad, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a affirmé que ces opérations marquent « le début de la libération de l'Azawad », revendiquant ainsi cette offensive coordonnée.
Au sud du pays, à une soixantaine de kilomètres de Bamako, la prison de Kéniéroba a été attaquée par des hommes armés dont l'identité n'a pas encore été établie. Selon une source pénitentiaire, plusieurs véhicules stationnés à l'intérieur de l'établissement ont été incendiés. Les autorités n'ont pas précisé si cette attaque visait une tentative d'évasion de détenus.
Dans un communiqué, le gouvernement malien évoque des « tentatives d'attaques » dans les différentes localités concernées, sans fournir, à ce stade, de bilan humain ou matériel. Dans les villes touchées, les populations sont restées confinées à leur domicile tandis que les rues sont largement désertes.
Une nouvelle démonstration de la dégradation sécuritaire
Cette offensive intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Depuis le retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) fin 2023, les affrontements se sont intensifiés entre les Forces armées maliennes, les groupes rebelles du nord et les organisations jihadistes.
En 2024, la reprise de Kidal par les rebelles du Front de libération de l'Azawad avait profondément rebattu les cartes dans le nord du pays, après plusieurs mois de combats. Parallèlement, le JNIM a multiplié les attaques contre des positions militaires, des convois et des infrastructures stratégiques dans différentes régions du Mali.
Ces derniers mois, les groupes armés ont également démontré leur capacité à mener des opérations simultanées sur plusieurs fronts, ciblant aussi bien les régions septentrionales que le centre et, plus récemment, les zones proches de la capitale. Cette nouvelle série d'attaques confirme la persistance d'une menace sécuritaire élevée et la complexité du conflit malien, où s'entremêlent insurrection indépendantiste et violence jihadiste.
