Togo: Lomé veut attirer de nouvelles compagnies aériennes

4 Juillet 2026

Le directeur général de l'ANAC (Agence nationale de l'aviation civile), Idrissou Ahabou Abdou, a annoncé cette semaine en marge de la première réunion de l'ECATEOC (Comité de supervision économique du transport aérien, Cédéao)à Lomé une réduction de plus de 90% des frais d'installation des compagnies aériennes. De 200 millions de Fcfa, le coût d'obtention des autorisations d'exploitation tombe à 3,5 millions.

Dans le transport aérien, les frais d'entrée sur un marché ne représentent qu'une infime partie des coûts d'exploitation d'une compagnie. Ce qui détermine réellement l'ouverture d'une nouvelle ligne, c'est le calcul économique : le trafic potentiel justifie-t-il les coûts fixes, location ou amortissement de l'appareil, kérosène, équipages, maintenance, redevances aéroportuaires et de navigation ?

En Afrique, où la majorité des compagnies opèrent à peine à l'équilibre, les transporteurs privilégient systématiquement le renforcement de leurs réseaux rentables existants plutôt que l'ouverture de nouvelles routes incertaines.

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Lomé dispose néanmoins d'un avantage structurel que peu de villes de la sous-région peuvent revendiquer : elle est le hub d'ASKY Airlines, compagnie panafricaine dont l'État togolais est actionnaire aux côtés d'Ethiopian Airlines, l'une des meilleures compagnies du continent.

ASKY dessert une vingtaine de destinations africaines depuis l'aéroport international Gnassingbé Eyadema (LFW), faisant de Lomé un véritable carrefour régional.

À cela s'ajoutent les liaisons assurées par des transporteurs internationaux de premier plan : Air France, Ethiopian Airlines, Royal Air Maroc, Air Côte d'Ivoire et Brussels Airlines. Un réseau déjà solide pour une ville de la taille de Lomé.

Pour attirer de nouvelles compagnies, la réduction des frais d'entrée doit s'accompagner d'autres leviers : des redevances aéroportuaires compétitives, un carburant accessible à prix raisonnable, des procédures douanières et d'immigration fluides, et surtout une demande suffisante, passagers d'affaires, touristes, diaspora. C'est l'ensemble de cet écosystème qui convainc un directeur réseau chez Lufthansa ou Turkish Airlines d'inscrire Lomé à son programme.

La décision togolaise va dans le bon sens. Elle envoie un signal positif. Mais dans le transport aérien, les signaux ne suffisent pas, ce sont les sièges remplis qui font venir les avions.

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