En Guinée, près de deux ans après la disparition des militants Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah, leurs proches continuent de réclamer vérité et justice. Réunies ce samedi 4 juillet à Paris, à quelques jours de ce triste anniversaire, les familles ont dénoncé l'absence d'enquête et appelé les autorités guinéennes à faire toute la lumière sur leur sort.
À Paris, Hawadjan Doukouré, l'épouse de Foniké Menguè, est venue rappeler une demande simple : connaître enfin la vérité sur le sort de son mari. « Aujourd'hui, aux autorités guinéennes, tout ce que je demande - je ne peux leur parler que comme une femme qui s'adresse aux autorités d'un pays, qui veut avoir des réponses à la situation du papa de ses enfants -, nous demandons la libération ; nous ne demandons pas autre chose. On veut qu'il soit libéré. On veut que les autorités nous donnent des réponses parce que le silence qu'ils nous offrent est une réponse aussi, mais c'est un silence qui continue de faire souffrir des personnes autour. »
Comme les proches de Mamadou Billo Bah, Hawadjan Doukouré attend toujours que la justice fasse la lumière sur le sort des deux militants. Deux ans après les faits, les familles dénoncent l'absence d'enquête et craignent que leurs dossiers ne tombent dans l'oubli.
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« Un acte de mémoire, mais surtout de mobilisation en la faveur des victimes »
« Cette rencontre est à la fois un acte de mémoire, mais surtout de mobilisation en la faveur des victimes. Deux ans après, la justice est aux abonnés absents. Il n'y a ni des vérités, ni des justices. Les familles ne savent toujours pas ce qu'il est advenu de leurs proches », souligne Djiba Camara, juriste et chargé de communication du FNDC-France.
Aucune enquête sérieuse n'a été ouverte par la justice guinéenne, permettant d'établir les responsabilités, alors que de nombreux éléments pointent vers une disparition forcée. Cette absence de réponse est pour nous inacceptable. Pour rappel, une disparition forcée est un crime continu. Tant que le sort des victimes n'est pas établi, le crime se poursuit. Alors aujourd'hui, l'impunité, malheureusement en Guinée, est devenue la règle. C'est précisément contre cette banalisation que nous nous mobilisons.
Djiba Camara, juriste et chargé de communication du FNDC-France: «Cette absence de réponse est pour nous inacceptable...»
Christina Okello Pour Djiba Nelson Camara, ces disparitions s'inscrivent dans un phénomène plus large de répression : « D'autres disparitions ont eu lieu. Je parle notamment du cas du journaliste Habib Marouane, ainsi que de Saadou Nimaga. Aujourd'hui en Guinée, le message envoyé aux citoyens est très simple : « Vous manifestez, vous vous faites tuer ; vous prenez la parole, vous disparaissez. » C'est cette réalité que nous refusons aujourd'hui de laisser s'installer dans l'indifférence totale. »
Le 9 juillet 2024, Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah avaient été enlevés à Conakry, à la veille d'un appel à manifester contre la vie chère, la fermeture des médias et le retour à l'ordre constitutionnel.
Contactées par RFI, les autorités guinéennes n'ont pas répondu à nos sollicitations.