Ile Maurice: Le Bangladais serait arrivé au pays à 15 ans avec un passeport falsifié

L'enquête sur la mort de Soobhowtee Jugessur, 63 ans, retrouvée sans vie à son domicile de l'avenue Mahatma Gandhi, à Petit-Raffray, le 19 juin dernier, prend une tournure inattendue. Au fil des investigations menées par la Major Crimes Investigation Team (MCIT) et la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de la Northern Division, les enquêteurs ont mis au jour une falsification troublante dans les documents d'identité du principal suspect, Mehedy Hassan Rana, un ressortissant bangladais actuellement placé en détention provisoire.

Selon son passeport, l'homme avait 19 ans lorsqu'il est arrivé à Maurice pour y travailler. Or, après avoir minutieusement recoupé les éléments de l'enquête, les policiers affirment avoir établi qu'il n'avait en réalité que 15 ans à son arrivée sur l'île. Une différence loin d'être anodine. Elle signifie que Rana, aujourd'hui officiellement âgé de 30 ans selon ses papiers, n'en aurait en réalité que 26.

Cette découverte, faite alors que les enquêteurs passaient au crible chaque détail susceptible de faire progresser leurs investigations, soulève de nouvelles interrogations sur les conditions dans lesquelles ce jeune travailleur étranger a pu être recruté et introduit sur le territoire mauricien alors qu'il était encore mineur.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Mehedy Hassan Rana a comparu le lundi 29 juin devant la cour de district de Pamplemousses, où une accusation provisoire de meurtre a été retenue contre lui. Reconduit en cellule policière, il doit comparaître de nouveau le lundi 6 juillet, assisté de son avocate, Me Roubina Jaddoo, ainsi que d'un interprète. Le suspect continue, pour l'heure, de clamer son innocence.

Pourtant, plusieurs éléments accablants se sont accumulés contre lui. C'est d'abord l'exploitation méthodique des images de vidéosurveillance qui a permis, sept jours après le drame, d'identifier Rana comme s'étant rendu au domicile de la victime. Interrogé sur sa présence à Petit-Raffray le jour des faits, il avait d'abord nié s'y être rendu, avant de revenir sur ses déclarations après avoir été confronté aux images montrant son véhicule sur place.

Il aurait alors expliqué qu'il s'était rendu dans la région pour rencontrer une amie connue sur Facebook, une version que les enquêteurs jugent peu crédible, ses différentes déclarations comportant plusieurs contradictions.

Des bijoux dans des chaussettes

L'enquête a par ailleurs pris une nouvelle dimension avec la découverte de bijoux dissimulés dans une paire de chaussettes appartenant au suspect. Cette trouvaille a immédiatement relancé la piste d'un mobile crapuleux. Les policiers cherchent désormais à déterminer combien d'autres bijoux auraient pu être dérobés au domicile de la victime et si certains ont déjà été écoulés auprès d'éventuels receleurs.

Un polo appartenant au suspect, retrouvé sur les lieux du crime, vient également renforcer les soupçons pesant sur lui. Le véhicule de Rana, formellement identifié sur les images de vidéosurveillance, a été placé sous scellés dans l'attente des résultats des analyses scientifiques. Entendue par les enquêteurs, sa compagne a, de son côté, déclaré que les vêtements visibles sur les images correspondaient à ceux que porte habituellement le suspect.

Entre les analyses scientifiques en cours, la recherche d'un éventuel réseau de receleurs et la vérification de son statut migratoire au regard de son âge réel, l'enquête s'annonce longue. La prochaine comparution de Mehedy Hassan Rana est prévue le 6 juillet devant la cour de district de Pamplemousses.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.